La planète sera-t-elle sauvée par Internet ?

Mouv' Futur (2015-2016) Vendredi 06 novembre 2015

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La planète sera t-elle sauvée par Internet?
A trois semaines de la COP21, la conférence de Paris sur le climat qui se tiendra du 30 novembre au 11 décembre, de nombreux blogueurs, chercheurs et militants écolos sont persuadés que la révolution écologique du futur, ça se passera, sur la toile.

L’écologie politique semble peu mobiliser et sensibiliser les jeunes, pourtant depuis quarante ans, on nous alerte régulièrement sur les problèmes écologiques comme par exemple le réchauffement climatique. On épuise tellement  nos ressources naturelles, qu'à ce rythme là, les experts scientifiques estiment que d'ici 2030, il nous faudra l'équivalent de deux planètes pour répondre à nos besoins. Alors s’il y a urgence, comment agir ?

 

"Internet provoque un changement de civilisation"

Anne-Sophie Novel, fondatrice de Place to B, journaliste et militante écologiste est persuadée que grâce à Internet et au pouvoir infini des actions collectives sur le web, la révolution écologique va se mettre en route.

On imagine ces questions trop complexes. Donc dans le futur, on va devoir valoriser les internautes, leur donner plus souvent la parole, leur proposer de contribuer à des pétitions, à des campagnes de crowdfunding, pour que la transition écologique devienne une révolution sur le web.


 

D’ailleurs, certaines pétitions mobilisent déjà en masse. Dernière en date, le carton de la vidéo de Nicolas Hulot, Break the Internet qui depuis un mois recense plus de 1 737 115 vues ; la pétition en ligne a déjà recueilli plus de 500 000 signatures.

 

 

Pour Benoit Thieulin, président du Conseil National du Numérique, les start-up doivent aussi innover en développant une nouvelle économie de partage et de service :

Internet est en train de provoquer un changement de civilisation. Il réorganise notre société, redistribue profondément les pouvoirs, et la manière dont on organise notre économie.


 

Dans le futur, selon lui, on consommera mieux dans notre quotidien, on réduira notre empreinte carbone en utilisant plus de sites de covoiturage, de trocs et d’échanges de services.

 

Mais Internet pollue… autant que le trafic aérien !

En revanche, si tout nous semble infini et virtuel sur le web, cliquer sur un lien, envoyer un mail, regarder des vidéos, tchater, etc.. ce n'est pas anodin, cela a un coût énergétique.

Les centres de données, appelés également data centers conservent toutes nos informations. Les énormes serveurs chauffent et ont besoin sans cesse d'être refroidis, donc les data centers consomment beaucoup d'énergies. A tel point que selon le dernier rapport de la Global e-sustainability (GeSi) Internet produit autant de CO2 que les avions ! 

Dans le documentaire Internet, la pollution cachée, Coline Tison et Laurent Lichtenstein enquêtent justement sur le cœur du fonctionnement d’internet et de la pollution digitale. Chaque heure, dix milliards de mails sont envoyés, l’équivalent de 4 000 tonnes de pétrole, de 4 000 allers-retours Paris/New-York, ou de la production de 15 centrales nucléaires pendant une heure...

Du coup, des ONG comme Greenpeace publient chaque année un classement des entreprises du web les plus polluantes, comme Facebook, Amazon, ou Google. Et la pression exercée par l'association écologique permet de faire bouger les lignes : il y a encore trois ans, Apple faisait partie des mauvais élèves. Greenpeace avait lancé une campagne médiatique très forte pour pousser la marque à la pomme à stopper l’utilisation d’énergies polluantes, comme du charbon. Aujourd'hui, Apple fait partie des champions en énergies propres concernant la consommation de ses data centers. Mais ces engagements pris par certains groupes très polluants, vont-il suffire ?

 

Des éco-gestes numériques nécessaires pour moins polluer

Actuellement, 43 % de la population mondiale surfe sur Internet, ce chiffre ne va être qu'en constante augmentation et dans le futur ça va être difficile de se passer du web. Alors, cette utilisation intarissable des outils numériques doit s'accompagner d'éco-gestes, souligne Benoit Thieulin:

On ne peut pas imaginer que ce que l’on fait sur Internet n'a aucune conséquence physique et écologique.


 

Pour cela, il conseille des gestes très simples, comme par exemple vider la corbeille de notre boîte mail, supprimer les spams, ou éviter d'envoyer de gros fichiers inutilement... Toutes ces données sont stockées pour rien dans la mémoire de nos ordinateurs, et ces stocks dont on n'a pas besoin pompent de l'énergie pour rien. "Demain on aura un usage plus responsable du numérique, qui lui-même consomme de l’énergie" conclut-il.

 


Photo de couverture : Cc FlickR Dennis Van Traddenhom

Reportage : Sophia Marchesin

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