La phobie du "no mobile"

L'actualité numérique Lundi 02 septembre 2013

Réécoute
La phobie du "no mobile"
Jamais sans mon téléphone ? C'est le message d'une vidéo qui tourne sur les réseaux sociaux. L'occasion de revenir sur ce phénomène de société appelé "nomophobie" : la peur de se retrouver sans son téléphone.

 

Grâce à une courte vidéo mise en ligne la semaine dernière, plusieurs millions d'êtres humains ont pu méditer sur leur condition d'homo numericus connectés.

 

On ne va pas se mentir, on se sent assez mal à l’aise à la fin de ce clip d'à peine deux minutes, dans lequel une jeune femme évolue au milieu de personnes sans arrêt scotchées à leur téléphone. Tout simplement parce qu’on a tous déjà vécu ce genre de scènes, que ce soit en tant qu'accro au téléphone ou en tant qu’observateur blasé.

 

Je ne peux pas compter le nombre de fois où j'ai exemple pu hurler lors de diners sur un ami particulièrement nomophobe, dont les yeux et les mains restaient rivés sur l'écran tenu au creux de sa main. Avant de me sentir ridicule et vaguement réac'. Sans pour autant renier le fait qu'à ce moment précis, je lui en voulais de ne pas être vraiment présent, en la compagnie de ses amis.

Est-ce à dire pour autant que nous, pauvres humains connectés, nous condamnons désormais irrémédiablement à une nouvelle forme de solitude ? Beaucoup sont persuadés qu'être relié sans arrêt à Internet ne permet pas de nouer de véritables relations. Ce n'est pas un hasard si des bouquins comme le fameux J’ai débranché de Thierry Crouzet, qui raconte une expérience loin de toute connection, marchent autant aujourd’hui.

 

Mais soyons plus mesurés et prenons du recul sur ces prétendus appareils du démon. Parce qu’après tout, d’autres bien avant eux ont été accusés des mêmes maux. Le téléphone tout bête déjà, celui à cadran, qui a réveillé au coeur de la nuit nombre de famille et de héros dans les films. Et bien avant lui encore, le télégraphe, qui déjà était accusé de fragiliser les communications en les rendant plus futiles et superficielles !

Les objets changent, mais nos préoccupations elles, restent les mêmes. Comme souvent, le problème n'est donc pas tant à chercher du côté des supports, mais davantage des pratiques : tout dépend de chaque individu et de chaque consommation. Réflexion peut être bateau mais qui vaut la peine d'être rappelée. Car elle est vraie non seulement sur les mobiles et Internet, mais aussi pour le porno ou pour les jeux vidéo, qui sont autant de choses souvent accusées de pervertir d’emblée l’Homme et la société.

Peut-être faut-il simplement noter que les temps changent et que de nouveaux appendices viennent se greffer à nous pour nous connecter les uns aux autres. Et observer cette métamorphose sans haine ni béatitude, sans rejet néoluddite ni dévotion forcenée.

Sans compter que le mouvement ne va pas bifurquer de si tôt. Ben oui, les Google Glass arrivent ! Des appreils connectés et embarqués précisément pésentés par l'un des fondateurs de Google comme le remède à... la nomophobie.

SONS

- Téléphone, TTC. Ok? Non!

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