La pétition, nouvelle arme de mobilisation

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Vendredi 06 juin 2014

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La pétition c'est swaggg
Vous avez peut-être suivi la pétition "bring back our girls" pour tenter de libérer les 200 jeunes filles enlevées au Nigeria ? ou encore celle de Meriam, cette soudanaise condamnée à mort ? La pétition devient une nouvelle arme de contestation massive.

Aujourd'hui après l'émoi international, plus personne ne parle des jeunes nigérianes, et pourtant les 200 filles sont toujours retenues par les terroristes islamistes de Boko Haram.

Car souvent une pétition en chasse une autre, et depuis 15 jours, c'est l'histoire de Meriam qui émeut le monde entier. Cette jeune femme soudanaise de 27 ans a été condamnée à mort pour avoir épousé un chrétien et vient d'accoucher en prison.

Pétition en soutien à Meriam , par Amnesty International

 

La pétition est une habitude politique anglosaxonne mais en France elle a été depuis deux siècles sans cesse décriée. Considérée comme "populiste" la pétition tord aujourd'hui le cou à la toute puissance des politiques. Seulement en France on a une peur bleue du "populaire" selon Nicolas Vandermerche directeur de Spintank

En France, on considère que le débat public ne doit s'exercer que dans des formes institutionnelles.


 

Nicolas Vandermerche, directeur de Spintank, par Cécile De Kervasdoué.

 

Depuis 2007, en France, la pétition en ligne semble pourtant avoir révolutionné les formes de contestation et d'engagement. Certaines ONG se sont mises à lancer directement des pétitions comme moyen de faire avancer leur causes et de rattraper un public qui ne veut plus s'engager dans les stuctures traditionnelles. C'est ainsi qu'est né Change.org , une sorte de youtube de la mobilisation, avec 22 000 pétitions en France en deux ans. 

 

Vidéo illustrant les actions de Change.org :

 

La plateforme s'est faite connaître avec la pétition des "poussins", ce mouvement d'autoentrepreneurs qui a réussi l'année dernière à faire changer un projet de loi, ou encore avec cette pétition contre la venue de David Guetta à Marseille en échange d'un cachet de 400 000 euros.

Des milliers de micropétitions sont également lancées chaque mois et permettent un dialogue politique renouvelé au niveau local. Preuve que la pétition en ligne est en train d'opérer une révolution culturelle et politique dans notre pays.

 

Reportage signé Cécile de Kervasdoué. Mise en page : Pauline Ben Ali.

Illustration de couverture : CC Flickr Studio d'Xavier.

 


 

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