La NSA joue l'apaisement

L'actualité numérique Mardi 04 novembre 2014

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La NSA joue l'apaisement
Le nouveau patron des services de renseignements était de passage lundi soir dans la Silicon Valley. Sa mission : faire oublier les abus passés de la NSA. C'est pas gagné.

 

Michael Rogers a bien du courage. Le nouveau patron de la NSA, aux commandes depuis le printemps, n'hésite pas à aller s'exposer sur l'un des champs de bataille les plus risqués pour sa personne: la Silicon Valley. Hier, il a fait une apparition à l'université de Stanford, face aux étudiants et aux professionnels du numérique, avec des intentions assez claires : rassurer le secteur, échaudé voir traumatisé par les révélations d'Edward Snowden.

Les géants du web ont moyennement apprécié de se voir accuser de collaborer activement aux programmes de surveillance globalisée des services de renseignements, et mènent depuis l'été 2013 une contre-offensive de grande ampleur. Derniers remous en date, Apple et Google ont fait de la protection des données un argument de vente lors des lancements de leurs nouveaux smartphones.

A rebours de ses collègues de la sécurité intérieure (le patron du FBI, James Comey, en tête), l'Amiral Rogers joue l'apaisement. "Un Internet plus sûr, c'est dans le meilleur intérêt des Etats-Unis ", c'est ce qu'il a affirmé hier, assurant son auditoire de la pureté des intentions de la NSA, débarassée de ses travers passés. Fini le temps où les failles repérées chez Google et consorts alimentaient un hacking d'Etat de grande ampleur, les bugs identifiés seront désormais signalés aux entreprises... à quelques exceptions près. Exceptions que le militaire n'a pas souhaité détailler.

On est donc encore loin de la détente totale, et le "partenariat " suggéré par Rogers entre ses services et les cadors de la Silicon Valley sonne avant tout pour l'instant comme un vœu pieux.

 


 

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