La mode, la mode, la mode

Rien à voir Lundi 21 avril 2014

Réécoute
La mode, la mode, la mode
Les "tendances" relayées par la presse féminine exaspèrent notre chroniqueuse. L'enfer de la mode n'est définitivement pas pavé de bonnes intentions.

 

J'ai décidé moi aussi de vous livrer un lourd secret: j'ai travaillé dans la presse féminine. Je sais, ça ne saute pas aux yeux comme ça tout de suite. D'abord, j'ai même pas de frange.

L'enfer de la mode

Mais oui, pendant un an, et sous la contrainte, j'ai partagé mon bureau avec des filles qui pensent sincèrement que la cure d'austérité est le nom du dernier régime detox. Ou encore que le Cap Vert est un bar à salades. Je vous jure que c'est véridique pour le Cap vert.

Vous l'avez compris, ce fut une expérience douloureuse de partager un open-space d'Issy-les-Moulineaux avec ces personnes. J'étais un peu la Anne Franck de la Fashion Week.

Et parce qu'il fallait bien bouffer, j'ai rédigé des articles qui contenaient les mots "hippy chic", "glam rock" ou encore "collection capsule".

Cet horrible "on"

J'ai moi aussi conclu mes articles par "on aime" "on adore", "on y court". Et je suis en mesure de vous révéler aujourd'hui la raison pour laquelle la presse féminine raffole du pronom "on". D'abord, le "on" c'est le nouveau "nous" il parait.

Ensuite, c'est parce qu'elles s'y mettent à quatre pour rédiger un putain dix lignes sur un short. Ca aussi c'est véridique.

L'emploi abusif du "on" c'est rapport au fait que la presse féminine est une sorte d'énorme copropriété du cerveau.


 

L'intelligence la plus élémentaire est en timeshare. Alors oui, je sais, ça ne va pas plaire aux journalistes de la presse féminine qui nous écoutent peut-être ce matin tout ce que je viens de dire. Si elles souhaient se plaindre à la direction du Mouv, je leur facilite la tâche, mon nom c'est Elodie Emery. E M E R Y.

Donc, vous l'avez compris, je n'ai pas gardé de souvenir chatoyant de cette expérience, par ailleurs, je me fous de la mode comme de mon premier protege-slip. Mais ce week-end, j'ai replongé. Le syndrome de Stockholm, probablement. J'ai acheté un magazine féminin. Deux même.

 

Croppee tee, cuir et ethnique

Et je suis donc en mesure de vous annoncer quelles seront les tendances mode printemps-été 2014. Cet été, sachez-le, il faudra porter le cropped tee. Alors le cropped tee, c'est quoi ? C'est un t-shirt découpé juste au dessus du nombril, voire, juste en-dessous des seins.

"Non"


Et non, c'est pas vulgaire nous dit le magazine Glamour, c'est "urbain". Alors, j'ai regardé la définition d'"urbain" dans le dico pour être sûre, et c'est bien ça "urbain", ça veut bien dire "relatif à la ville". Alors j'aimerais qu'on m'explique à quel moment prendre la ligne 13 avec le ventre et un demi-téton à l'air est une bonne idée.

Par ailleurs, la journaliste de glamour ne tient pas non plus compte d'un facteur essentiel, si tu portes un t-shirt qui découvre ton ventre, ça veut dire que mathématiquement, on voit ton ventre. Alors qu il n'y a que deux moments dans une vie ou tu peux exhiber un ventre parfaitement plat: quand tu as 9 ans, et quand tu sors d'une intoxication alimentaire.

Donc, le cropped tee, c'est non. Sauf bien sûr si tu t'appelles Rihanna, auquel cas le monde entier a déjà vu ta paroi vaginale, autant dire que la dignité est en option.

Autre tendance printemps-été: le cuir. Mais attention, pas le petite veste en skai ou la ceinture en cuir. Non, le total look cuir, la complète jambon fromage avec chemise en cuir, pantalon en cuir, veste en cuir, et chaussures en cuir. Appeler les femmes à s'habiller en Waffen SS en plein mois d'août et par conséquent à sentir le saint-nectaire avant la fin de la journée, c'est bien une idée à la con.

Et allez une derniere tendance pour la route: l'imprimé ethnique. Alors l'imprimé ethnique c'est d'après mes copines de chez "Grazia", du zébré, du léopard, du wax, du tissu africain. Bref, tout ce qui se rapproche de près ou de loin aux pantalons que portaient Johnny Clegg and Savuka...


L'idée c'est qu'on vous repère de loin, et qu'éventuellement, les gens chantent Asimbonanga sur votre passage.

Donc, pour résumer, dans le cerveau malade des journalistes de la presse féminine, le comble de l'élégance cet été consistera à s'habiller en membre du groupe Kassav mais avec du cuir et semi à poil.

Notons que pendant ce temps, les hommes, eux, pourront continuer à gambader en pantacourt dégueulasse et en toute impunité.

 


 

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