La jeunesse indienne vote le changement

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Lundi 07 avril 2014

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L'Inde entamme la plus grande élection de l'histoire
Les indiens ont un mois pour choisir qui dirigera leur pays pour les 5 ans à venir. Parmi les 814 millions d'électeurs, 120 millions de jeunes de moins de 23 ans votent pour la première fois. Une jeunesse avide de changement que les deux clans en lice devront séduire.

814 millions d'électeurs, 930 000 bureaux de vote, 5 semaines de scrutin, les élections législatives indiennes décrochent le titre du plus grand marathon électoral jamais organisé. A l'arrivée : un nouveau parlement et un nouveau premier ministre qui auront la lourde tache de faire sortir le pays de l'ornière.

L’Inde traverse une profonde crise économique et politique, marquée par des scandales de corruption à répétition, qui ont durablement écorné l'image du parti du Congrès, au pouvoir depuis 10 ans.

Rahul Gandhi, 43 ans / CC Flickr Nikita.goel

Pour ces élections, le Congrès est emmené par Rahul Gandhi, dernier rejeton de la dynastie Nehru-Gandhi, qui dirige le pays quasiment sans interruption depuis 65 ans. Face à lui, Narendra Modi du parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party (BJP) est donné favori.

Personnage charismatique autant que sulfureux (sa responsabilité a été directement mise en cause dans un pogrom anti musulmans en 2002), le gouverneur du Gujarat a axé sa campagne sur la relance économique, un sérieux argument auprès des jeunes, qui a séduit ce titulaire d'un master en ingénierie mécanique :

Je viens de passer les concours de la fonction publique, mais il n'y a que 5000 postes pour un million de candidats. Ça paye bien, mais c'est impossible d'y entrer. Je vais voter Modi car il sait comment relancer l'économie. Il l'a fait au Gujarat.


 

Sous l'impulsion de Modi, le Gujarat a connu l'une des plus fortes croissance du pays ces dernières années, alors que l'économie indienne est en berne depuis deux ans. L'autre grande préoccupation de la jeunesse, c'est la corruption, présente à tous les niveaux, comme l'explique un jeune agent immobilier :

Si un promoteur veut construire un immeuble sur une rue principale, les responsables de police vont toujours demander jusqu'à 500 euros en cash. Un ami à moi n'a pas voulu payer, la mairie a bloqué les travaux et ça fait deux ans que c'est paralysé. Ces choses là devraient changer, mais ce n'est pas possible.



Le parti Aam Aadmi a pris le problème à bras le corps. Il est dirigé par un militant anti corruption et présente plusieurs candidats aux législatives. Aam Aadmi pourra compter sur le soutien d'une bonne partie de la jeunesse. La nouvelle génération attend un changement radical. Et comme un quart des électeurs ont moins de 25 ans, les candidats ont tout intérêt à entendre son cri de révolte.

Reportage pour le Mouv' signé Sébastien Farcis. Mise en page : Sébastien Sabiron.

Photo de couverture : CC Flickr par Ibrahim Malik.

 



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