La Horde Sauvage: et Sam Peckinpah éclaboussa le western

Les grossiers de l'écran (2013-2014) Mercredi 02 juillet 2014

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La Horde Sauvage: et Sam Peckinpah éclaboussa le western
Western crépusculaire par excellence, La Horde Sauvage a pulvérisé en son temps toutes les limites de la violence graphique au cinéma. Un film choc et révolutionnaire par l'un des réalisateurs les plus rebelles de toute l'Histoire d'Hollywood.

 

Il y a presque 45 ans jour pour jour, le 17 octobre 1969, le mythique western La Horde Sauvage sortait sur les écrans français. C’est film qui a totalement sa place dans les Grossiers de l’écran. D’abord du fait de la personnalité hors norme de son réalisateur, Sam Peckinpah. Mais surtout parce que La Horde Sauvage a véritablement choqué le bourgeois par la radicalité inédite de sa violence graphique.

 

La Horde Sauvage se déroule en 1913 : le film raconte la cavale au Mexique d’un groupe de bandits de grands chemins, la bande de Pike Bishop,  qui vont s’allier à un dictateur local, le général Mapache, pour fuir leurs poursuivants après le braquage d’une banque au Texas. Entre la bande à Bishop et Mapache, le torchon va vite brûler et La Horde Sauvage s’achève sur un massacre final qui à l’époque, a totalement traumatisé la critique et le public - en france, le film est d’ailleurs sorti en salles interdit aux moins de 18 ans.

Archétype du western crépusculaire, La Horde Sauvage est tout autant une allégorie sur la fin du vieil Ouest qu’une magnifique histoire d’amitié entre une bande de cowboys qui n’ont plus leur place au 20e siècle. Et surtout, c’est un sacré nom dieu de putain de film d’action conclu par une fusillade homérique d’une durée de 5 minutes à l’écran, qui mobilisa sur le plateau plus de 300 figurants, 500 chevaux pour 32 jours de tournages à elle seule.

 

La Horde Sauvage ne fut pourtant pas le premier film à représenter les impacts de balle sanglants à l'écran : deux ans avant le chef-doeuvre de Peckinpah, Bonnie and Clyde inaugura le procédé avec le mitraillage final particulièrement choquant de son duo de fugitifs (campé par Warren Beatty et Faye Dunaway), qui horrifia et excita le public en même temps.

 

La séquence est néanmoins beaucoup plus courte que le climax de La Horde Sauvage et surtout, elle n'implique que deux personnages criblés de balles, là où Peckinpah fait massacrer plus d'une centaine d'hommes à l'écran. Du jamais vu. Western sur la fin d'une époque, à la fois furieux, irrévérencieux et mélancolique, La Horde Sauvage marque indéniablement une date dans la représentation graphique à la fois plus crue et stylisée de la violence. Il a influencé une liste impressionnante de cinéastes dans le monde entier, de Tarantino à John Woo en passant par Bertrand Tavernier, Walter Hill (qui signa le scénario de Guet-Apens, de Peckinpah). Et, accessoirement, il relança spectaculairement la carrière de Sam Peckinpah tout en précédant l'inauguration de l'ère du nouvel Hollywood.

 

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