La GoPro a révolutionné le monde du sport

Va y avoir du sport Mardi 18 mars 2014

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La GoPro : comment une petite caméra a révolutionné le monde du sport
Au départ, on s'est dit qu'elle n'allait être que l'outil futile pour compléter, avec le collier en fausses perles de Tahiti et l’autobronzant, la panoplie du parfait surfeur. Finalement, cette petite caméra ultra-résistante, qu'on s'accroche sur le front et qui filme à 170 degrés, a changé le sport. Au point de bientôt devenir le nouveau selfie ?

Oubliez Véronique et Davina

Qu’est ce qui est petit, se porte autour de la tête et a révolutionné le monde du sport ? Non, la réponse n’est pas le bandeau de Véronique et Davina. Il est grand temps de vous mettre à la page.

Pas de "toutouyoutou", on va laisser les deux retraitées prendre la poussière dans leur salle de gym.

On parle d’un autre objet, tout riquiqui, grand comme une boîte d’allumettes, dont, au départ, on n’a pas vraiment saisi l’impact.

Quand en 2005, Nick Woodman, un surfeur californien, a commencé à commercialiser la GoPro, cette petite caméra ultra résistante qu’on peut se fixer sur le front et qui filme à 170 degrés, on s’est dit : ok, voilà le nouveau gadget pour les kékés des plages.

Le truc qui, associé au collier en fausses perles de Tahiti et à l’autobronzant pour peaux sensibles, allait compléter la parfaite panoplie du surfeur de Mimizan.

Une vidéo publiée toutes les deux minutes

Sauf qu’en moins de dix ans, les sports extrêmes ont explosé, YouTube est passé par là et Internet s’est retrouvé envahi d’images fimées à la Go Pro.

Des descentes en snowboard, des vagues de dix mètres, des sauts en parachutes… Des millions de vidéos, souvent bluffantes, sont partagées chaque jour.

 

En 2013, Forbes classait Nick Woodman parmi les 20 trentenaires les plus riches de la planète. 1,3 milliard d’euros sur son compte en banque.

On estime que toutes les deux minutes, est publiée sur le net une vidéo filmée à la Go Pro.

 

Nick Woodman a contribué à créer une façon de faire du sport un divertissement 2.0. Et il a même participé à un des événements les plus suivis de la planète.

Quand Felix Baumgartner, vous vous en souvenez, a fait son saut depuis l’espace, il portait quatre petites caméras embarquées. 

 

Pour les sportifs, la GoPro n'a pas changé grand-chose. Certains, comme au saut au ski par exemple, l’utilisent à l’entraînement, pour se revoir et améliorer leur technique.

Surtout, la GoPro a révolutionné la manière de filmer le sport et donc le rapport que le téléspectateur entretient avec le sport.

Championne olympique avec GoPro

On l’a bien vu pendant les JO de Sotchi. C’est expliqué dans un très bon article de Slate : la Go Pro a rendu excitantes à regarder des disciplines qui, avant, passaient à la télé juste pour vous bercer pendant votre sieste.

Une snowboardeuse tchèque est par exemple devenue championne olympique avec une Go Pro fixée sur son casque.

Et le foot est en train de s’y mettre aussi : de plus en plus d’équipes s’amusent à filmer leur entraînement comme ça.

 

On tremble devant les chocs, on a l’impression de se prendre le ballon dans la tronche, on ressent le sport comme si on y était.

Avec une Go Pro, même la partie de pétanque entre Nanard et Jacky devient trépidante.

Elle révolutionne le hockey sur glace

Il y a aussi certains sports qui ne sont pas du tout télégéniques qui pourraient le devenir. Comme le hockey sur glace par exemple.

Le palet est tellement petit que pour pouvoir suivre un match devant la télé, faut presque s’acheter des jumelles. Alors qu’en fixant une GoPro sur la tête de l’arbitre ça change tout.

Le problème, c'est que le propre de ce qui est bon, c’est qu’on a vite fait d’en abuser.

D’abord, il y a tous les aspects dangereux liés aux sports extrêmes. Se mettre en scène et prendre de plus en plus de risques pour épater le web. Et les accidents qui vont avec.

Et puis, y a le risque, moins grave bien sûr mais tout de même gênant, que la vidéo à la GoPro devienne le nouveau selfie. Qu’on filme tout et n’importe quoi avec une caméra sur le front.

 

Quand Internet sera inondé de vidéos de chiens ou de chats ou de bébés jouant à la baballe filmés à la Go Pro, on comprendra que cette caméra peut aussi être le diable. 

Imanol Corcostegui 

 


 

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