La flamme d'Arcade brûle encore

le Reportage de la Rédaction Lundi 28 octobre 2013

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La flamme d'Arcade brûle encore
Arcade Fire est de retour. Les Canadiens sortent ce lundi "Reflektor", leur 4e album. Fin d'un marathon marketing parfaitement huilé, depuis la diffusion d'un teaser abscons jusqu'au court-circuitage d'un leak anticipé.

 

Augustin Arrivé, de la rédac' du Mouv', vit entre les royaumes des vivants et les morts depuis qu'il a mis la main sur le dernier Arcade Fire. Ecoutez à quoi ça ressemble ci-dessus.

 

Honnêtement, au début, on n'était pas convaincu. Le 2 septembre, alors qu'on languissait depuis plus de trois ans et la sortie de leur dernier opus, The Suburbs, les Arcade Fire étaient enfin de retour. Un extrait de leur futur album, Reflektor, était diffusé sur Spotify en guise de teaser. Quinze secondes sans paroles et quasiment sans mélodie, un crescendo sonore qui ne révélait pas grand chose :

 

 

Il fallait accepter de patienter. Le court morceau s'intitulait 9/9 9pm, et ça ressemblait à la promesse d'un rendez-vous imminent. Le 9 septembre, à 9h du soir, il s'est en effet produit quelque chose de nettement plus croustillant. Un petit groupe de musicos masqués de papier mâché façon monsieur Carnaval s'est pointé à l'entrée de la Salsathèque, une salle de concert de Montréal.

 

Apparition presque inquiétante devant la Salsathèque de Montréal © Salandotis, 2013

 

La formation s'appelait The Reflektors, et la rumeur bruissait qu'il s'agissait en réalité des Arcade Fire. La foule était là pour les accueillir. Banco. Win Butler et sa bande enlevèrent leur déguisement sur scène et entonnèrent Reflektor, premier single balancé au même moment sur leur site officiel. Le buzz est habilement orchestré. Le responsable marketing peut réclamer son augmentation.

 

Reflektor, par Arcade Fire © VEVO, 2013

 

7 minutes et 42 secondes. Vous avez le temps de savourer. Les Canadiens n'ont que faire des formats radio, qui imposeraient des morceaux plus courts. La FM n'a qu'à s'adapter, les fans, eux, seront là. Ils récupèrent David Bowie comme choriste, on se dit que c'est la classe, mais ce n'est qu'un début. Une vidéo, trois fois plus longue, signée Roman Coppola est en préparation. Elle est diffusée à la fin du mois.

 

Here Comes the Night Time, par Roman Coppola © The Creators Project, 2013

 

Au générique, Zach Galifianakis, Ben Stiller, Bono, James Franco, Jason Schwartzman... Avalanche de stars pour entourer les Arcade qui révèlent trois nouveaux titres : Here Comes the Night Time, We Exist et Normal Person. Vous êtes prévenus : Reflektor déchaînera les teufeurs. Terminé, le temps de la déprime. Le groupe dope sa noirceur à la vodka-caramel. Nous voilà tout émoustillés.

 

Ce qui devait arriver arriva : alors que la sortie du disque est prévue pour le 28 octobre, l'intégralité des morceaux fuite sur le net jeudi dernier. Le vilain pirate sera pris à son propre piège. On ne leake pas des cadors de cette trempe aussi facilement. Ils avaient déjà prévu une version streaming officielle de leur album pour court-circuiter une telle fuite. Ils la diffusent immédiatement.

 

Afterlife, dernier extrait disponible aujourd'hui de l'album "Refletor" d'Arcade Fire diffusé jeudi © VEVO, 2013

 

L'album est apposé in-extenso sur des images muettes d'un vieux film français, Orfeu Negro, de Marcel Camus (1959). Ca tombe bien : le long-métrage évoque, comme l'album, le mythe d'Orphée et Eurydice. La planète rock s'affole. La vidéo est visionnée 300.000 fois en une journée. Elle est aujourd'hui supprimée, maintenant que le disque est en vente : inutile de se tirer une balle dans le pied.

 

A vous désormais de profiter de l'oeuvre, superbe, qui vous est proposée. Treize titres conçus en Jamaïque avec l'ex-leader du LCD Soundsystem, James Murphy. Remplis du soleil des Caraïbes, ils vous balloteront entre plages planantes et shoot d'allégresse. Du grand Arcade Fire. Pour des résultats comme ça, on est prêt à attendre encore trois ans et demi.

 

On avait déjà parlé d'Arcade Fire sur le Mouv', vous pensez bien ! Notamment par ici.

Mais la scène musicale montréalaise, c'est aussi ça.

 

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