La fin des photos alcoolisées sur Facebook

Rien à voir Lundi 15 décembre 2014

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La fin des photos alcoolisées sur Facebook
Le réseau social pourrait, bientôt, empêcher les utilisateurs de publier des photos d'eux quand ils ont trop bu.

 

Je précise d'emblée que cette chronique n'a, comme son nom l'indique, strictement rien à voir avec le fait que ce week-end, sur mes autoroutes de l'information, des photos d'une personne passablement avinée sont apparues. Des photos d'une personne de type caucasien, d'origine armoricaine, animateur sur une radio dont le logo est de couleur orange, dont le nom de famille termine par un "ec" commence par "roz", dont le prénom est Thomas, et qui n'est ni moi, ni Elodie Font.

Comme je sens bien que le suspense est intact et que vous brûlez de savoir de qui je parle, je vous informe, plaisir d'offrir, joie de recevoir,  que je peux vous adresser cette photo sur simple demande et si vous envoyez "THOMAS ROZEC" au 6 12 12. Je respecte trop la protection des données personnelles pour en dire plus, je suis la Edward Snowden des poches à gnôles.

Le libre arbitre est soluble dans la bière de Noël

Quoiqu'il en soit, cette photo comme tant d'autres clichés publiés sur les réseaux sociaux prouve une réalité contemporaine et intangible: vous êtes un être humain, vous avez un compte Facebook. Il y a donc environ 99% de chances pour qu'un jour une photo de vous en train de tâcher de rester perpendiculaire au sol, et d'allumer une clope à l'envers soit publiée à votre insu ou même de votre propre initiative, le libre arbitre étant comme on le sait soluble dans la bière de Noël.

Si à ce jour, aucune photo de vous imbibé d'alcool à la feria de Nîmes n'a été publiée sur les internets, il ne peut y avoir que deux raisons: 

  1. vous étiez à la feria de Bayonne
  2. vous êtes ma mère

 

Et bien, c'est bientôt fini. Pas l'alcool, dieu merci. Mais si vous le souhaitez, vous pourrez bientôt éviter que votre moi bourré soit incarné sur les réseaux.

Yann LeCun, chercheur à l’université de New York et responsable du laboratoire de Facebook est en effet en train de mettre au point une sorte d'éthylotest de l'Internet. C'est à dire que le système de reconnaissance facile qui existe déjà et qui permet d'identifier vos amis sur des photos, pourra bientôt faire la différence entre la tête de quelqu'un de sobre et quelqu'un de démonté.

Autrement dit, Facebook vous empêchera de poster une photo de vous ivre mort en train de négocier un bouquet de roses à un vendeur tamoul.

"J'suis pas bourré, j'suis pas bourré, j'suis pas bourré"

D'aucuns se demanderont à quoi on reconnait techniquement un visage de mec bourré: alors, je réitère mon invitation, envoie "THOMAS ROZEC" au 10 12 12 et tu verras. Sinon, pour simplifier, un mec bourré, c'est un mec qui fixe l'appareil en pensant très fort "j'suis pas bourré, j'suis pas bourré, j'suis pas bourré" alors que ses yeux disent "j'vais vomir, j'vais vomir, j'vais vomir".

Évidemment, l'initiative fait pousser des cris d'orfraie aux fervents défenseurs de la protection de l'identité numérique qui estiment que Facebook va décidément trop loin dans l'intrusion de notre intimité. Je n'en fais personnellement pas partie. J'aurais même souhaité que cela existe avant, sinon, une photo de moi en train de faire la macarena avec ma jupe coincée dans mon slip ne circulerait pas depuis 2008 sur Facebook.


D'ailleurs, j'irais même plus loin, je souhaiterais que Facebook protège davantage mon identité numérique mais aussi ma dignité en m’empêchant de faire deux trois conneries en cas de sévère alcoolisation:

  • j'aimerais par exemple que Facebook m'empêche de crier " tournée générale ! " quand la pinte est à huit euros et donc de retrouver le lendemain matin, des tickets de CB dont le montant suffirait à financer l'achat d'un petit deux pièces coquet dans l'est parisien.

  • j'aimerais que Facebook m'empêche de systématiquement insérer ma clef dans la serrure de la porte de l'appartement du 4ème étage gauche alors que j'habite au 2ème a droite.

  • j'aimerais que Facebook m'empêche de faire pipi entre deux autolibs.

  • j'aimerais tant qu'à faire que Facebook m'empêche de faire pipi entre deux Vélibs parce que là, franchement, on me voit.

  • j'aimerais que Facebook m'empêche d'envoyer "mais moi je t'aiiiiiiiiiiiiiiiime " à un ex ou pire un pathétique " hellu, tu fas quin, tu pisses chez mou " à une target en pensant sincèrement qu'il va pas griller que je suis à 75% composée de kir royal.

 

Bref, pour Thomas Rozec, c'est trop tard mais pour nous autres, tout est encore possible, alors merci de faire le nécessaire, Facebook.


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