La culture tente de passer le périph’

le Reportage de la Rédaction Mercredi 16 avril 2014

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Non, la banlieue n'est pas un désert culturel ! La preuve avec cette initiative de la région Ile de France. Une exposition itinérante d'art contemporain qui va voyager pendant quatre ans dans une vingtaine de villes de la périphérie de Paris. Première étape de ce Musée Passager, Saint-Denis dans le 9-3.

 

Ce ne sont pas franchement les lieux culturels qui manquent en banlieue. Et certains ont d'ailleurs acquis au fil des ans une solide réputation. C'est le cas du MAC/VAL à Vitry-sur-Seine, du Théâtre2Gennevilliers, de la salle de concert Fil7, près de Marne-la-Vallée ou encore du Plan à Ris Orangis. La question c'est plutôt QUI fréquente ces endroits. Bien souvent en fait des Parisiens.

 

C'est donc pour rapprocher véritablement l'art des habitants des banlieues, que la région Ile de France a décidé de lancer en début de mois une grande opération  gratuite et ouverte à tous, Le Musée Passager. Une exposition itinérante, qui va tourner pendant quatre ans dans plus d'une vingtaine de villes de la périphérie de Paris.

Bienvenue au Musée Passager, stationné cette semaine du côté de Saint-Denis © Laura Rouaux

 

Première étape: Saint-Denis dans le 9-3

Un drôle de conteneur blanc, avec une terrasse éclairée de néons multicolores, a fait son apparition il y  a une dizaine de jours sur le parvis de la Basilique Saint Denis. Ce n'est pas flagrant au premier abord, mais  quand les passants s'approchent, ils découvrent qu'il s'agit-là en fait d'un musée et que l'on peut y pratiquer de nombreuses activités. Ce jour-là par exemple, des enfants s'amusent avec des boîtes en bois,  des "tables vidéos" grâce auxquelles ils peuvent découvrir les performances d'artistes tout en mangeant un sandwich.

 

 Matisse espérait qu'un spectateur devant son tableau soit assis confortablement dans un fauteuil, un cigare à la main. On veut recréer ce rapport extrêmement simple avec l'art 


 

Frédéric Laffy, le commissaire de l'exposition ambitionne surtout d'"apporter du rêve et du plaisir" aux visiteurs. Qu'ils puissent s'évadent de leur quotidien.

13 Heures, le début de la visite pour Martin, Rosalie, Inès et David, âgés de 8 à 12 ans,et résidant tous en Seine-Saint-Denis. Première oeuvre de l'exposition : Screencatcher, de Justine Emard. Une série de dessins représentant des drive-in-theathers (cinémas en plein air). Des lieux emblématiques des séries US qui disparaissent progressivement. A sa manière, Justine Emard les fait revivre en passant une tablette devant les dessins. L'image alors s'anime, on appelle ça la réalité augmentée.

 

Screencatcher, Installation : dessins et réalité augmentée Co production :Vidéoformes. Avec le soutien la DRAC Auvergne et la participation du DICRéAM Ministère de la culture et de la communication, CNC, CNL. © Justine Emard

 

Plus qu'un musée, un festival

Une vingtaine d'artistes au total vont se succéder au coeur de cette installation. Des stars de l'art contemporain comme le vidéaste Bill Viola, et des étoiles montantes comme l'artiste cinétique Elias Crespin. Mais ils ne se contenteront pas de présenter leurs oeuvres. Il faut envisager le musée en fait davantage comme un festival, avec des ateliers de dessins, des spectacles de danse, ou des conférences.

Des médiateurs et de nombreuses animations sont prévus pour essayer d'attirer un public pas franchement averti, qui  a l'habitude de voir l'art contemporain comme une discipline excluante. La région a investi dans le projet 500.000 euros, seulement pour cette année. Le voyage du Musée Passager doit durer quatre ans.

 

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