La coupe du monde reprend... en France

le Reportage de la Rédaction Jeudi 31 juillet 2014

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La coupe du monde reprend... en France
Trois semaines après la finale de la coupe du monde de football, une autre coupe du monde commence. Celle de rugby à XV féminin. La France accueille l'événement jusqu'au 17 août, loin des réalités financières du rugby masculin.

 

La France joue ce vendredi 1er août son premier match de la Coupe du monde 2014. Car il n'y a pas que le football dans la vie, et la compétition qui démarre cette semaine en région parisienne concerne le rugby à XV féminin. Une discipline moins médiatisée mais dans laquelle les Bleues brillent : elles ont remporté cette année le Grand Chelem dans le Tournoi des six nations, et font donc figure de challengers favorites face à des Néo-Zéolandaises quadruples championnes du monde.

Une pression qui n'inquiète pas plus que ça Christelle Le Duff, demi d'ouverture : "On va assumer notre statut et on ira le plus moins possible dans cette compétition." Acceptons-en l'augure.

Charlotte Coutard, de France Bleu Roussillon, les a croisées pendant leur stage de préparation à St-Laurent-de-Cerdans, dans les Pyrénées-Orientales :

Le XV de France féminin en stage préparatoire dans les Pyrénées-Orientales © Charlotte Coutard

 

France/Pays de Galles sera retransmis en direct sur France 4 et Eurosport à 20h45. Ca tombe bien parce qu'il y a de gros risques que vous ne vous déplaciez pas jusqu'au stade. La rencontre se dispute à Marcoussis, dans l'Essonne. Comptez 45 minutes minimum de transports en commun : le RER jusqu'à Massy-Palaiseau puis une navette bus gratuite mise en place par la RATP. Pas la peine de demandez des explications à Pierre Camou, le président de la Fédération française de rugby :

Vous savez qu'il y a des gens qui vont tous les jours à Marcoussis travailler et qui arrivent de Paris. Moi je suis prêt à prendre les solutions que vous me donnerez et donnez-moi des solutions !


 

A l'entendre, impossible de jouer de match à Charlety, en travaux. Et le stade Jean Bouin (qui accueillera les demi-finales et la finale) n'était pas disponible plus tôt. Quant au Stade de France, reconnaissons qu'il n'est pas simple à remplir. "Ce n'est peut-être pas à l'échelle de ce qu'on peut demander à une compétition comme celle-ci", précise Bernard Lapasset, le président de l'IRB (la FIFA du rugby), qui préfère les vanter les structures de Marcoussis, qui abrite le Centre National du Rugby.

 

Bande-annonce de la coupe du monde de rugby à XV féminin © FFR, 2014

 

Lorsque les Bleus au masculin ont afronté les Néo-Zélandais en finale de la coupe du monde en 2011, des centaines de personnes étaient massés sur le parvis de la Mairie de Paris pour suivre la rencontre. Cette fois, aucun écran géant n'est prévu. Et ce n'est pas la seule différence entre les sexes dans cette discipline. Si vous demandez son avis à Catherine Sexton, la manager du XV néo-zélandais, elle évoque plutôt le statut d'amateur que les filles sont seules à conserver :

Toutes nos joueuses travaillent ou étudient à plein temps, autant vous dire qu'elles ont un excellent sens de l'organisation, pour gérer leur planning.


 

Elle assure être déjà bien aidée par la Fédération de son pays (New Zealand Rugby Union), mais regrette le manque d'encadrement à un plus petit niveau : "Il faudrait que chaque enfant qui veut pratiquer un sport puisse trouver un endroit près de chez lui pour jouer, et un club qui le recrute à la sortie du lycée. Des personnes compétentes et de bonnes structures, ça nous aiderait."

 

Gaëlle Mignot, capitaine de l'équipe de France féminine de rugby à XV © FFR, 2014


Là encore, Pierre Camou rejette les critiques, soulignant les défraiements accordés par la FFR au XV français ("en majorité, ce qu'on leur verse est supérieur à ce qu'elles gagnent") et expliquant que promettre davantage serait mentir. "Je ne veux pas de statut professionnel. Pro, c'est un métier et donc il faudrait trouver des employeurs."

Tant que le public restera confidentiel, les sponsors ne seront pas au rendez-vous. Impossible, dès lors, de payer des salaires suffisants pour permettre à ces joueuses d'en vivre. D'autant qu'une carrière (comme pour la plupart des sports de haut niveau) se poursuit rarement au-delà des 40 ans. Alors précipitez-vous à Marcoussis, ça pourrait faire bouger les lignes !

 

Des inégalités entre hommes et femmes également marquées dans le cyclisme. La preuve en cliquant par là.

En février dernier, nous avions assisté au Tournoi des 6 stations. Un rugby différent... dans la neige des Alpes. Reportage à réécouter ici.

 


 

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Reportage et mise en page : Augustin Arrivé

Photo de couverture : photo twitter de la FFR (@FFR_officiel)

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