La Corée du Nord, plus fort que Google et Apple

L'actualité numérique Mardi 06 août 2013

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La Corée du Nord, plus fort que Google et Apple
On peut être le pays le plus isolé au monde et vouloir malgré tout être à la pointe de la tendance. Depuis quelques mois, la Corée du Nord fait ainsi savoir qu'elle produit des tablettes numériques. Pour un résultat pas si éloigné de nos gadgets. L'accès à Internet en moins.

 

On tient peut-être là le futur concurrent sérieux aux deux ogres Apple et Google, qui se partagent goulûment le juteux marché de la mobilité, comme on dit dans le web marketing. Et n'en déplaise au ministre du redressement productif Arnaud Montebourg, il ne s'agit pas d'un petit frenchie. Mais de la Corée du nord.

Depuis quelques mois, ce pays qui est l'un des plus verrouillé au monde, se targue de produire ses propres gagdets numériques. Si un doute susbiste sur la réalité de cette production (plusieurs spécialistes high-tech pensent en effet que la Corée du Nord se contente en fait d'estampiller "DPRK" du matériel chinois), il reste néanmoins intéressant de noter que le pays cherche à faire savoir au monde entier que lui aussi est bien pris dans la frénésie du numérique, du mobile et du digital.

 

Oui, car la Corée du Nord aussi propose des bidules à bidouiller avec les doigts : l'une des ses dernières tablettes, la Samjiyon, a même pu atterrir entre les mains d'un touriste (oui car il est possible depuis quelques années de passer ses vacances en Corée du Nord, moyennant quelques menues restrictions de libertés). Dans la mesure où Pyongyang, la capitale nord-coréenne, n'est pas franchement la Silicon Valley, et que ce genre de matos se fait rare dans le pays, notre touriste un poil geek a sauté sur l'occasion pour acquérir la tablette. Afin de pouvoir disséquer les usages numériques made in North Korea.  

Résultat : le matériel n'est pas si éloigné de nos propres gadgets. Il tourne sur Android, le système d'exploitation de Google, et fournit par défaut les traditionnelles applications d'usage : la bonne vieille calculette, un appareil photo ou bien encore de nombreux jeux, Angry Birds compris. Oui, même en Corée du Nord il est possible de s'amuser à défoncer de gros cochons verts à l'aide d'oiseux très énervés. Allez comprendre.

Ceci étant dit, il faut préciser qu'au-delà de ces similitudes, cette tablette ne permet pas d'accéder à Internet. Sans grande surprise, le régime nord-coréen a jugé bon de retirer toutes les app de Google (YouTube, Gmail...) et d'empêcher la navigation sur tout le réseau : seul l'intranet du pays est accessible, et encore, uniquement depuis Pyongyang. Des sites officiels ont même été soigneusement pré-enregistrés sur la tablette, afin que les rares privilégiés nord-coréens qui pourront se l'offrir ne s'égarent pas trop.

Dans ce pays où l'accès à Internet n'en est pas un, peu de ressortissants peuvent de toute façon prétendre à l'achat de cet outil à 200 dollars, ou ne serait-ce qu'y songer.

 

Néanmoins le régime multiplie les efforts pour faire savoir au monde entier qu'il circule aussi sur les autoroutes de l'information, et ce dernier le lui rend bien, en faisant de son jeune dirigeant l'une des égéries (forcément comiques) du Net.

Le pays a même mis sur pied un centre de recherche sur les technologies de l'information, le Korea Computer Center, qui plancherait sur le sujet depuis les années 1990. C'est dire. Un peu comme les Etats-Unis et son agence de renseignements la NSA, qui présente ses chantiers de surveillance top-secrets avec des PowerPoint à faire se pendre les graphistes du monde entier, ce labo a même droit à ses clips promotionnels d'un autre âge et à des visuels kitchissimes. Comme quoi, il y a bel et bien du potentiel.

 

Andréa Fradin

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