La Bible du boudoir

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La Bible du boudoir
Le plaisir sexuel est un art, pas un fantasme. Avec sa "Bible du Boudoir", Betony Vernon nous guide dans les arcanes de la jouissance.

 

On a tous un porno qui traîne dans notre historique de navigation ou un dildo planqué au fond du panier à linge sale. Stratégie marketing ou libération des mœurs, appelez-ça comme vous voudrez, mais le sexe est partout. Le plaisir, nulle part.

La recherche du plaisir fait partie intégrante de la nature humaine 


 

 C’est en fabriquant des bijoux érotiques que Betony Vernon a mesuré l’ampleur du tabou : « à l’époque où j’ai commencé, quand on expliquait aux clients comment stimuler les parties intimes de leurs partenaires, ils partaient en courant. »

 

 

Fascinée par l’anthropologie sexuelle, elle est aussi consultante « pour des individus en quête du plaisir des sens ».

Ces deux casquettes combinées font de Betony Vernon une experte es sensualité (ici), et la genèse de sa Bible du Boudoir : plus de trois cent pages de conseils pratiques dont quatre de bibliographie pour un Guide du plaisir sans tabou.

 

 

 

 

Contrairement à ce que pourrait laisser croire cette mise en bouche, l’ouvrage n’a rien des pseudo-romans érotiques qui pullulent en librairie. Aux scénarios racoleurs et paralysants, Betony Vernon préfère la pédagogie concrète :

Une fois que vous êtes à l’intérieur, avancez dans l’orifice jusqu’à environ la première phalange de votre majeur, puis ne bougez plus.


L’orgasme, mode d’emploi

N’en déplaise aux adeptes de la mystique charnelle, chez Betony Vernon, le plaisir passe par la connaissance. Leçons d’anatomies, règles d’hygiène et précautions sanitaires occupent toute la première partie de l’ouvrage. Née en 1968, Betony Vernon – diva magnétique et crinière de feu – a vu les sexualités se libérer, puis piéger fatalement ceux qui s’y adonnèrent dans l’insouciance.

 

La responsabilité, le respect des limites, la confiance dans le partenaire sont quelques uns des points essentiels de sa croisade anti-SGC (comprenez « sexualité génito-centrée », aka le « sexe-à-la-va-vite », aka « le petit coup de boutoir du samedi soir », aka « le-missionaire-qui-se-prenait-pour-un-lapin »). A ces tristes visages de la sexualité occidentale, Betony Vernon oppose sa « Cérémonie sexuelle Paradise Found » :  

« par le simple acte d’améliorer leur savoir-faire sexuel, les amants apprendront à élaborer des rituels qui peuvent se déployer sur des heures, voire des jours entiers. Plus longtemps dure le rituel, plus il y a de chances que son retentissement global soit important. »

 

Cette cérémonie décline tout l’éventail métaphorique des spiritualités ésotériques, à grand renfort de références tantriques : chez Betony Vernon, le corps est un temple, le plaisir est une forme de méditation et l’orgasme est une extase.

Qu’ on adhère ou pas à cette « sacralisation » du rapport sexuel, on retient de la Bible du Boudoir que le plaisir demande du temps, et qu’il ne sera pas perdu.

 


 

Photo : ©Maxime Büchi

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