La BD numérique, futur de l'édition jeunesse ?

le Reportage de la Rédaction Vendredi 28 novembre 2014

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La BD numérique, futur de l'édition jeunesse ?
Alors que se tient jusqu'au lundi 1er décembre le salon du livre jeunesse de Montreuil, Le Mouv' s'intéresse aux nouveaux formats d'édition de la bande-dessinée. Car là aussi, le numérique prend de l'ampleur.

 

160.000 visiteurs attendus jusqu'à lundi, le salon du livre jeunesse de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, est une vitrine parfaite pour Iznéo, la plate-forme numérique des principaux éditeurs de la BD franco-belge (Dupuis, Dargaud, Casterman, Fluide Glacial et j'en passe). Créée en 2010 sous forme de site Internet, le service est devenu une appli mobile boostée par la démocratisation des tablettes. Iznéo compte aujourd'hui 100.000 inscrits, 10.000 titres, et 3.750.000 BD ouvertes l'an dernier.

 

Version crayonnée du tome 10 de "Djinn", de Jean Dufaux et Ana Miralles, dispo en numérique sur Iznéo

 

Paulina et Chiara, deux collégiennes venues bouquiner au stand Dupuis, s'approchent des tablettes. On leur explique comment tourner les pages ou zoomer en une pression du doigt. Elles sont conquises, d'autant que Chiara devrait recevoir un iPad à Noël. "C'est plus précis." "On ne peut pas le déchirer." "Ca prend moins de place." Elles sont les ambassadrices idéales pour ce produit nouveau.

"Ce sont aux éditeurs de nous proposer des contenus alternatifs", explique Sitthideth Bandassak, le webmaster. Pour l'instant le catalogue propose en immense majorité de simples copies numérisées des albums papiers. Avec un forfait de lecture illimitée pour 9,90€ par mois, l'offre est séduisante, mais on aimerait profiter de cette librairie numérique pour goûter à quelques bonus (comme c'est le cas sur certaines plates-formes de VOD). "On a sorti une version sépia de la série Blast de Manu Larcenet, ou bien des crayonnés. Ca se développe petit à petit."

 

Version numérique sépia d'une double planche de "Blast" de Manu Larcenet sur Iznéo


Marvel est déjà passé à l'étape suivante. En engageant les Français Geoffo et Mast, l'éditeur américain a devancé tout le monde, proposant désormais des titres spécialement conçus pour les tablettes. Ces "infinite comics" (ou "turbomedias") n'apparaissent plus sous forme de planches à l'ancienne mais par l'animation des différentes cases successives de l'histoire, qui se chevauchent ou se transforment à chaque pression sur l'écran.

On peut faire des mouvements de caméra, jouer avec des filtres de couleurs. Dans une BD papier on ne peut surprendre le lecteur qu'à chaque fin de page, alors que sur un infinite comic, on peut le surprendre quand on veut.

Geoffo, consultant sur smartphone sa dernière oeuvre : "The Amazing Spider-Man, Who Am I ?"

 

Une grosse dizaine de titres seulement est aujourd'hui disponible, principalement en anglais (rendez-vous sur l'appli Comixology pour les consulter). Alors que leur équivalent sud-coréen (les webtoons, dont on avait parlé ici), les infinite comics restent marginaux en Europe. Pour Geoffo, le problème vient des éditeurs, qui y voient parfois un concurrent pour leurs albums papier : "C'est un modèle économique qui n'est pas encore bien au point. Mais je compare ça au théâtre avec le cinéma : les Infinite comics et les BD papiers se complètent au lieu de se cannibaliser. On ne doit pas les opposer."

 

Bouncer Ghost Story Glenat

 

Ils ont déjà travaillé pour Glénat (sur le Bouncer de Jodorowsky et Boucq, ci-dessus) et s'apprêtent à lancer leur propre structure en fin d'année, Ybrik Productions, en espérant étoffer l'offre francophone. "Des petites choses se mettent en place. Ca va prendre."

 

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Reportage et photos : Augustin Arrivé

 

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