L'obole et la jouissance

Plan B (best of) Mardi 19 juin 2012

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L'obole et la jouissance
Frédéric Bonnaud reçoit Stéphane Legrand pour son livre Styx Express (L'Arpenteur) et Oriane Jeancour-Galignani pour le dernier numéro de Tranfuge, notre magazine partenaire.

Styx Express, un livre de Stéphane Legrand publié aux éditions L'Arpenteur.

Étienne Celmare, un écrivain raté, alcoolique et lâche – mais auquel il faut reconnaître un certain sens de l'humour –, est entraîné malgré lui dans deux histoires ébouriffantes. Sur le premier front, l'auteur fictif de romans à l'eau de rose qu'il avait inventé, simple nom de plume lui garantissant l'anonymat pour une production qu'il jugeait méprisable, se met soudainement à exister, avant d'être assassiné. Et Étienne est naturellement soupçonné du meurtre. Sur le second, il se trouve poursuivi par la mafia ukrainienne, convaincue – pour des raisons initialement obscures – qu'il est en possession d'une importante somme d'argent, qu'on leur a volée...
Ce polar, digne d'une intrigue de série Z, ne pèche pas par excès de réalisme. Il fait entendre la voix de ce narrateur étrange, qui d'une certaine manière écrit depuis le point de vue de la mort. Et si l'on voulait être encore plus précis, on ajouterait qu'il s'essaie aussi, plus discrètement, à une méditation littéraire sur la fiction de l'identité personnelle.

Transfuge numéro 59. Le plaisir, c'est maintenant?

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Vous reprendrez bien un peu de plaisir... L'éditorial de Vincent Jaury.

Pour la première fois avant la nouvelle formule que nous préparons pour le mois de septembre, nous avons décidé d'un dossier thématique, comme vous l'aurez compris, sur le plaisir. Le plaisir parce que c'est bien dans ces mois d'été que cette question se pose avec le plus de frontalité, et aussi parce que l'on fête les 50 ans de la mort d'un des grands écrivains du plaisir, Georges Bataille. La démarche de notre dossier est unique : il ne s'agit pas de faire un énième point avec sociologues, psychologues et philosophes, qui occupent déjà bien les journaux et magazines à longueur d'année. Non, il s'agit ici de donner la parole aux écrivains, ces voyants de notre époque à qui l'on demande si peu l'avis. Ces relégués aux catacombes ont pourtant des choses à nous dire et, comme vous le lirez, ils dérangent, ils désordonnent, ils sont libres. Libres comme des anarchistes, c'est-à-dire comme des « anges de pureté » (Mallarmé). On y a ajouté quelques acteurs, actrices, réalisateurs, trop peu à notre goût, mais tout ce petit monde fut au Festival de Cannes, donc pas disponible.

La suite sur le site de Transfuge.

 

Photo: Vincent -étoile-, CC BY.

 

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