L'islamisme radical : une dérive sectaire

le Reportage de la Rédaction Mercredi 18 juin 2014

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L'islamisme radical : une dérive sectaire
Ils sont européens et prêts à donner leur vie dans un lointain conflit. 300 djihadistes français dont un tiers de femmes et des enfants se trouveraient en Syrie, 25 y ont péri depuis le début du conflit. Une "guerre sainte" au nom d'une idéologie qui tient plus de la dérive sectaire que de la religion.

Ils sont citoyens français, ont fréquenté l'école de la république. Et puis un jour ils sombrent dans le fanatisme religieux. Que se passe t-il dans l'esprit de ces jeunes qui décident de tout plaquer pour rejoindre un combat qui n'est pas le leur ? C'est ce que le gouvernement espère comprendre et empêcher à travers un vaste plan anti-djihad activé fin avril.

  
Le grand changement de ce plan est d’ordre idéologique. Plus question de considérer l’islam radical comme une croyance, un extrémisme religieux, une orthodoxie. L’islam radical est une dérive sectaire avec des gourous, des abus, des techniques de manipulation utilisées dans bien d’autres groupes sectaires.

D'après les derniers chiffres du ministère de l'intérieur, 285 français seraient partis faire le djihad en Syrie, dont 116 femmes, accompagnées d'une trentaine d'enfants, un chiffre en hausse de 75% ces six derniers mois et qui concerne en partie des gens n'ayant initialement aucun rapport avec l'islam, un tiers des 2000 combattants européens étant des convertis.

Nicolas, un djihadiste français converti il y a trois ans, qui s'est fait exploser à Homs en décembre

Pour combattre l'embrigadement et aider les victimes, il s’agit donc d’appliquer des techniques et des dispositifs déjà connus de ceux qui luttent contre les gourous. C’est le cas des ADFI, Associations de Défense des Familles et de l'Individu Victimes de Sectes.

Depuis plus de 20 ans, dans toute la France, ces bénévoles reçoivent, accueillent, écoutent, donnent des conseils d’ordre psychologiques, juridiques ou éducatifs aux victimes des groupes sectaires et à leurs familles. Charline Delporte est présidente de l’AFDI Pas de Calais Picardie.

Qu’on ne me dise pas que l’islam radical est un fait nouveau ! Cela fait 20 ans que je  gueule qu’il faut protéger nos jeunes parce que les jihadistes comme les évangélistes sont au pied des tours, et tout le monde le sait très bien !


Chraline Delporte (à droite) © Cécile de Kervadsoué


Pour étoffer le dispositif déjà existant, le gouvernement a mis en place depuis fin avril un numéro vert, déjà très sollicité. Surtout, il compte former des éducateurs et des policiers chargés de détecter et d’aiguiller les victimes et leurs familles.

Dans toute la France, de nouveaux centres spécialisés dans la prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam vont donc être créés. Leur objectif : enrayer l’enrôlement des plus jeunes en agissant directement auprès d’eux mais surtout sur internet où les réseaux de recrutement se multiplient.

Insuffisant ! Crient les associations d’aide aux familles. Selon elles il faut d’abord agir sur la prévention, développer par exemple l’esprit critique des jeunes dans les programmes scolaires ou via une journée annuelle de sensibilisation. Une urgence, lorsqu’on sait qu’en France 50 à 60 000 enfants sont victimes de dérives sectaires.

Reportage de Cécile de Kervasdoué / Mise en page : Sébastien Sabiron

> Le numero vert anti djihad 0 800 005 696

> Des infos sur les sectes sur le site de la Mivilude (Mission Interministérielle de lutte contre les dérives sectaires)



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