L'Internet neutre qui fait pschitt

L'actualité numérique Mercredi 16 janvier 2013

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L'Internet neutre qui fait pschitt
Hier, la ministre de l'économie numérique Fleur Pellerin a organisé une table ronde sur la neutralité du Net. Sans trancher dans le vif : le dossier chaud bouillant du moment est une nouvelle fois repoussé.

 

Pourtant, ça fait un bail qu'on cogite en France sur cette fameuse neutralité du Net qui consiste, pour rappel, à assurer que l'Internet soit le même partout et pour tous, quelque soit notamment le fournisseur d'accès à Internet (FAI) auquel on souscrit. Il y a eu des rapports à la pelle, des groupes de travail et même des propositions de loi émanant de la gauche comme de la droite. Du coup, on s'attendait plus hier à une conclusion qu'à un énième prolongement de la réflexion.

 

Fleur Pellerin a en effet conclu les débats en déclarant que le travail devait se poursuivre sur ce dossier, donnant dans la foulée rendez-vous fin février prochain, date à laquelle le gouvernement devrait tenir un "séminaire" sur la question numérique.

 

En fait, on a un peu l'impression de revivre l'Histoire sans fin IRL, où Internet serait un Fantasia sans personne pour en prendre soin.

 

On a tout de même bien compris une chose à l'occasion de cette table ronde : la ministre semble nettement pencher pour une approche économique du bouzin, plus favorables aux opérateurs bien de chez nous (Orange, Free, SFR, Bouygues Telecom pour ne citer que les gros) qu'aux géants du web ricains. Et en premier lieu Google, le Voldemort du secteur dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom-pendant-une-table-ronde sous peine de mourir torturé par un Eric Schmidt encapuchonné.

 

Blague à part, la neutralité du Net peut être abordée sous deux angles : le premier porte plus sur le principe, la protection de la liberté d'expression sur le réseau, quand le second va chercher dans les implications économiques : que laisse-t-on faire aux acteurs du Net dont le comportement a forcément une incidence sur ce qui déboule sur nos écrans, puisqu'ils ont la main dessus ?

 

Le clash entre Free et Google, qui fait l'actualité de ce début d'année, en est la parfaite illustration : c'est parce qu'ils ne s'entendent pas sur la façon dont ils doivent se brancher l'un à l'autre dans les entrailles du Net qu'à l'autre bout l'internaute rame pour avoir sa vidéo. Et hier, la discussion a surtout tourné autour de ces histoires de gros sous, certes importantes mais qui prennent un peu le problème dans le mauvais sens.



Parce qu'au-delà des opérateurs qui râlent pour que Google leur verse du fric, et les sites qui eux estiment que l'internaute paie Orange, Free et consorts non pas pour leurs câbles mais pour avoir du contenu, il y a l'internaute justement. Et l'Internet qu'on lui offre. Et peut-être que ce serait pas plus mal de commencer - ou de recommencer donc - par là.

 

Pour comprendre les dessous de cette histoire et du Net, j'ai mitonné une petite infographie du côté de chez Slate (image CC-BY-NC-ND Andréa Fradin)

 

Bonne semaine 100 % pH neutre !

 

Andréa Fradin

 

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