L'installation interdite aux moins de 18 ans

le Reportage de la Rédaction Vendredi 29 novembre 2013

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L'installation interdite aux moins de 18 ans
Le Festival Némo propose jusqu'au 15 décembre à Paris des installations d'art numérique interactives : en vous déplaçant à l'intérieur de ces oeuvres, vous vivez des expériences sensorielles inédites. Attention aux évanouissements.

 

François Sauvestre, de la rédac' du Mouv', est une expérience sensorielle à lui tout seul. Son passage au Festival Nemo est à réécouter ci-dessus.

 

L'expo s'appelle Trouble Makers. Elle a investi le Centquatre, dans le XIXe arrondissement de Paris. Pièce maîtresse de cette balade, l'installation Zee est une immersion dans un brouillard dense agressé de flashs stroboscopique et de percussions sonores. Les responsables du musée ont pris leurs précautions : pour entrer, vous devez signer une décharge, et l'accès est interdit aux mineurs, aux femmes enceintes et aux épileptiques.

 

Zee, installation de Kurt Hentschläger © Kurt Hentschläger

 

Impossible de parler : des fumigènes vous étouffent. "Je me suis dit que j'allais sortir tout de suite", raconte Inès, en visite avec des amies. "Mais une fois habituée, j'ai trouvé ça plutôt agréable." Thomas, un Britannique en goguette, en sort même relaxé : "C'est comme faire de la plongée sous-marine, vous ne voyez plus rien du tout mais c'est plaisant, j'aurais pu rester plus longtemps."

 

Zee est une oeuvre de l'Autrichien Kurt Hentschläger, "la pièce d'art numérique la plus importante de ces dix dernières années", dixit Gilles Alvarez, le directeur du festival Némo, qui organise l'expo. Depuis la mise en place de l'installation à Paris, il n'y a eu que deux étourdissements, rien de comparable aux crises d'épilepsie constatées en Allemagne.

 

Isotropie de l'ellipse Tore, installation par Julien Clauss © Seconde Nature

 

Si on en arrive là, c'est que l'art numérique implique le public, bien plus que toute autre forme artistique. La discipline joue sur nos sensations et nos corps. Dans une autre pièce, adossés à un mur de bois équipé d'enceintes, vous sentirez les vibrations sonores couler le long de votre colonne vertébrale. Il s'agit de l'Isotropie de l'ellipse Tore, du Rhône-Alpin Julien Clauss. Une façon de matérialiser les ondes, de palper ce qui semblait invisible.

 

Avec l'Allemande Anke Eckardt, vos mouvements se transforment en notes de harpe, et l'image figurant des ondes accélère à votre approche. "On a l'impression d'être un chaman", s'excite Mathieu, à moitié en transe. "On contrôle ce qu'on ne peut pas toucher, comme si ça n'appartenait même pas à la réalité."

 

Allez tester vos pouvoirs magiques jusqu'au 15 décembre. 5€ plein tarif. Plus d'infos par ici.

L'art contemporain, c'est parfois déroutant. Nous y avions goûté à la dernière FIAC. Cliquez.



Photo de couverture : © Etienne Rey, Tropique, installation de l'expo Trouble Makers, au Centquatre.

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