L'impossible, monsieur Voltaire!

Plan B (best of) Mardi 03 avril 2012

Réécoute
L'impossible, monsieur Voltaire!
Frédéric Bonnaud reçoit Franck Nouchi pour le livre Le cerveau de Voltaire (Flammarion) et Michel Butel pour L'autre journal (Les arènes) et le journal L'impossible, en kiosque.

Le cerveau de Voltaire, un livre de Franck Nouchi publié chez Flammarion.

« Le cerveau de Voltaire l'attendait. Elle n'avait plus qu'à chercher. Un brin d'ADN suffirait. Après, il lui faudrait comparer avec un autre fragment prélevé sur le cœur. En cas de similitude, il n'y aurait aucun doute sur l'identité du cerveau entreposé à la Comédie-Française. »
Lorsque Voltaire meurt le 30 mai 1778, son corps est autopsié. Son cœur finit par échoir à la Bibliothèque nationale, son cerveau à la Comédie-Française.
En 2011, la jeune Clélia, brillante généticienne, réussit pour la première fois à décrypter l'ADN du philosophe. Le soir même de l'annonce de ces résultats, le cerveau de Voltaire est dérobé par un mystérieux scientifique…
 
Alors que l'équipe d'enquêteurs du commissaire Attias met tout en œuvre pour le retrouver, le voleur dévoile son projet insensé: cloner Voltaire de manière à ressusciter l'esprit des Lumières et lutter ainsi contre la médiocrité ambiante.
 
Franck Nouchi, dont c'est le premier roman, réussit ici un livre enlevé et malicieux. Il mélange les éléments d'une enquête policière traditionnelle au récit d'une histoire littéraire aussi véridique que surprenante.

L'autre journal, dirigé par Michel Butel, publié aux éditions Les Arènes.

C’était un journal qui ne ressemblait à aucun autre.
Evidemment, il s’appelait l’Autre Journal.

Un mensuel de 200 pages, conçu par un rédacteur en chef timide et audacieux, Michel Butel.

En couverture du premier numéro, surgi en décembre 1984, une photo de tigre et pas un seul titre.

Pendant douze ans, plus de cent mille lecteurs ont attendu fébrilement chaque parution de ce miracle de papier.

Des textes rares étaient signés : Hervé Guibert, Marguerite Duras, Gilles Deleuze, Paul Virilio, Toni Negri, Christian Bobin, Jean Rolin, Ania Francos, Delfeil de Ton ou Thierry Lévy.

Un journal sans oeillères, qui accueillait pêle-mêle des reportages, des voix, des photos, des chroniques, des partis pris, des poèmes.

A contre courant de toute la presse, l’équipe s’opposa en 1992 à la guerre du Golfe. L’Autre Journal en est mort.

Tous les auteurs et les ayants droit ont répondu "Banco !" lorsque l’idée de cette anthologie a pris corps.

Un trésor se partage ; un journal ne meurt jamais.

Heureux soient les nouveaux lecteurs de l’Autre Journal...

 

L'impossible, un publication de Michel Butel, disponible dans tous les bons kiosques.

Retrouvez les détails sur le site de L'Impossible.
1 – Parce que des journaux m’ont donné, dès mon plus jeune âge, des informations sur l’état du monde. Du monde entier. Sur l’état de la société dans laquelle je vivais. Parce que certains de ces journaux ont façonné mon esprit – mon esprit critique, parce que certains journalistes dans ces journaux – ou parfois certains écrivains, certains penseurs, certains artistes, certains intellectuels, certains chercheurs, certains photographes, certains dessinateurs, certains inconnus dans ces journaux, ont bouleversé fugacement ou durablement mon état d’esprit. À l’égal des œuvres d’art ou de pensée. À l’égal de certains livres, de certains films, de certains manuels ou traités, à l’égal de certaines pièces de théâtre, à l’égal de certains films, à l’égal, parfois, de l’art entre tous énigmatique – la musique. Et aussi à l’égal de certaines rencontres, de certains voyages, à l’égal de certains amis, à l’égal de certains enfants, à l’égal de certains sages, à l’égal de certaines amours.

2 – Parce que je veux changer le monde. Je pense qu’on ne peut pas décider, préméditer, organiser le changement vrai du monde. Mais on peut changer l’état d’esprit de ceux qui habitent ce monde et qui, un jour, si les circonstances le permettent, contribueront au vrai changement du monde. Qui, pour être vrai, devra être inspiré par le souci de justice dans l’ordre de l’organisation des sociétés humaines, par le souci de loyauté dans l’exercice de la pensée, par le souci de célébration de la beauté de la vie sur terre dans toutes ses manifestations y compris les plus folles, les moins imaginables.

3 – Parce que l’information est morte, c’est-à-dire illisible, inaudible, invisible, si elle n’est pas animée-ranimée par les mots, par une langue, par un style, par une pensée, inédites. Un journal doit être un événement, au sens radical de ce mot, dans la vie de chacun. Il doit troubler. Il doit inquiéter. Il doit émouvoir. Il doit transmettre l’énergie vitale sans quoi nous nous effritons de jour en jour. Ainsi, drogue entre toutes bienfaisante, il créera une addiction.

4 – Parce que tout part toujours d’une communauté qui se forme et qui s’identifie, puis qui, progressivement, forme une autre communauté, plus vaste qui se forme et qui s’identifie. Qui, elle-même, se forme et qui, progressivement (ou soudainement – qui sait ?) forme une autre communauté. Ainsi d’une vague, ainsi des vagues, ainsi de la mer (ainsi parfois de la tempête). Ainsi de la première communauté de ceux et de celles qui créent ce journal. Ainsi de la communauté à venir de ses lecteurs : à l’impossible, nous sommes tous tenus.

Rejoignez-nous.

Michel Butel

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