L'île de Ré finira-t-elle sous l'eau ?

Mouv' Futur (2015-2016) Vendredi 13 novembre 2015

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L'île de Ré finira-t-elle sous l'eau ?
Alors que la COP21 remettra au coeur des débats la question du réchauffement climatique, Mouv' s'est rendu sur un territoire déjà menacé par les tempêtes et la montée des eaux : l'île de Ré, en Charente-Maritime.

 

"Des événements comme Xynthia ont toujours existé", tempère d'entrée Lionel Quillet. "En 400 ans, on a eu près de quarante vimaires, ces moments où l'eau submerge les terres." Ce président de la communauté de communes de l'île de Ré reconnaît que la terrible tempête de 2010, qui a tué deux personnes sur son île, a été pour tous un électrochoc. "Comme il n'y avait rien eu de tel depuis des décennies, 85% de nos digues n'étaient plus en état."

Il s'est immédiatement emparé du dossier pour reconstruire de nouvelles barrières, plus hautes, plus solides. Il sait que des phénomènes météo de ce genre, les Rétais en vivront d'autres. Les études, qui prévoient une montée des eaux de 30cm à 1m d'ici la fin du siècle, ne l'inquiètent pas. "Nos digues sont maintenant bien plus élevées. Mais des événements comme Xynthia sont beaucoup plus difficiles à anticiper."

 

Lionel Quillet, le président de la communauté de communes de l'île de Ré © Augustin Arrivé

 

Ces constructions ont un coût, considérable : 100 millions d'euros. "C'est le prix d'un Rafale. Mais là c'est pour défendre 18.000 résidents permanents, c'est nécessaire. D'ailleurs on ne défend que les zones d'habitations existantes." Les travaux sont prévus pour durer jusqu'en 2020.

Pas d'habitation dans la réserve naturelle de Lilleau des Niges, alors pas de digue. L'ancien muret a cédé pendant Xynthia, il a été rapidement reconstruit depuis. "C'est clair que ça ne pourra pas faire face à une surélévation du niveau de la mer." Jean-Christophe Lemesle, le conservateur de la réserve, n'est pas pour autant en colère. "On n'a pas une doctrine de tout défendre à tout prix. Mais si la digue n'est pas entretenue, cette zone sera rendue à la mer, et il faudra trouver d'autres zones de marais qui rempliront les mêmes fonctions."

 

Jean-Christophe Lemesle, conservateur de la réserve naturelle de Lilleau des Niges © Augustin Arrivé

 

La faune et la flore de l'île en ont besoin. De la COP21, ce membre de la Ligue de Protection des Oiseaux espère des mesures concrètes pour les réserves naturelles. "Aujourd'hui, avec des travaux, on pourra encore faire face, mais si rien n'est décidé et qu'on continue à laisser le phénomène s'accélérer, on n'aura plus les moyens de défendre tous les territoires menacés."

 

 


 

Reportage et photos : Augustin Arrivé

 

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