L'huile de palme ravage la Malaisie

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Mardi 08 octobre 2013

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L'huile de palme ravage la Malaisie
Alors que la polémique sur les méfaits de l'huile de palme enfle et que la hausse des ventes de Nutella ralentit considérablement, nous avons voulu voir sur place, dans les forêts malaisiennes, l'impact de cette industrie du gras.

 

Anne-Laure Barral s'est rendue en Malaisie, le nouveau pays du chocolat sans chocolat. Son reportage est à écouter en cliquant ci-dessus.

 

Ferrero a eu chaud. La société italienne qui produit la plus célèbre des pâtes à tartiner a bien failli écoper cette année d'une "taxe Nutella". Elle visait à quadrupler les impositions sur l'huile de palme, largement présente dans les délicieux pots marrons. L'affaire aurait rapporté gros à l'Etat : les Français sont les premiers consommateurs au monde de Nutella (230t avalées chaque jour). Et puis finalement, l'Assemblée nationale a repoussé le projet à plus tard. Depuis, la marque communique à tout va pour nous rassurer :

 

Eclaircissements de l'UFC-Que Choisir sur la communication de Ferrero © UFC-Que Choisir, 2013

 

Les méfaits de l'huile de palme, dénoncés depuis des années par différentes organisations comme Greenpeace, sont pourtant bien réels. Sans parler de santé publique, il s'agit là des conséquences environnementales de l'exploitation des palmeraies. En Malaisie, United Plantation s'occupe d'une toute petite parcelle de plantation, presque rien : 40.000 hectares.

 

La société est candidate à l'obtention d'un label "responsable". Son patron, Carl Nielsen, assure tout faire pour préserver les environs : une quantité minimale de pesticides, aucun incendie de forêt. Et ses 6.000 employés ne vont pas se plaindre : il leur offre un logement, un accès à l'eau, à l'électricité et une scolarisation pour leurs enfants. Des possibilités rares dans le pays.

 

Les ouvriers des plantations malaisiennes © Anne-Laure Barral, Radio France

 

Derrière cette jolie vitrine se cache une autre réalité : les palmeraies ont remplacé la forêt vierge, certaines espèces animales et végétales disparaissent et les populations indigènes se retrouvent chassées de leurs terres. Carl Nielsen est d'ailleurs loin d'être le seul responsable, le marché de l'huile de palme fait travailler un demi-million de Malaisiens. Les enjeux économiques sont trop énormes pour écouter les cris des écologistes.

 

Theiva Lingman, l'avocate de l'association Les Amis de la Terre en Malaisie, regrette pourtant qu'il n'y ait aucune reconnaissance des droits de ces communautés indigènes. "C'est dans cette forêt que les indiens trouvent leur nourriture. Si on la leur vole, ils finiront comme mendiants dans les grandes villes et perdront du même coup leur identité."

 

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