L'homophobie à 100 jours des J.O. russes

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Mardi 29 octobre 2013

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L'homophobie à 100 jours des J.O. russes
Dans cent jours, les Jeux Olympiques prendront place à Sotchi, en Russie. Vladimir Poutine vient d'affirmer que tous les athlètes y seront bien reçus, quelle que soit leur orientation sexuelle, mais la multiplication des agressions homophobes inquiète.

 

Claire Adrien et Vika Nikolaieva ont enquêté, dans les rues de Moscou, sur le développement affligeant de l'homophobie en Russie. Leur reportage est à écouter ci-dessus.

 

On ne compte plus les appels au boycott des futurs jeux olympiques d'hiver. Des dizaines d'associations internationales et quelques personnalités de renom (comme Wentworth Miller, la star de Prison Break) dénoncent l'homophobie ambiante en Russie et la politique du Kremlin à ce propos.

 

Manifestation à Berlin contre les lois homophobes de Vladimir Poutine, en août dernier : 5.000 participants

 

Il faut dire que la décision, en juin dernier, d'interdire la "propagande homosexuelle" n'est pas passée inaperçue. Cette proposition de Vladimir Poutine validée par le Parlement proscrit toute manifestation pour protester contre la situation de la communauté LGBT dans le pays. Souffrez, et taisez-vous !

 

Sentant sans doute la communauté internationale grimacer, le président russe s'est voulu hier rassurant, prétendant tout faire pour que "les sportifs, les spectateurs et les visiteurs se sentent bien aux J.O., quelle que soit leur orientation sexuelle". Rares sont les convaincus.

 

Les promesses de non-violence du président Poutine © Yahoo Sport

 

La fédération LGBT de Russie, par exemple, entend tester cette promesse. Elle annonce donc son intention d'organiser des "Jeux gays" à Moscou trois jours après la clôture de la compétition classique. "Nous serions reconnaissants de la participation de tout fonctionnaire ou de toute personnalité", ajoute Viktor Romanov, le président de cette fédération.

 

"L'homophobie est plus marquée en ville qu'à la campagne", selon le sociologue Lev Goudkov, directeur de l'institut de sondage Levada. "A la campagne, l'identité homosexuelle est tout simplement ignorée. Mais en ville, ça empire : d'après nos études, 82% des Russes rejettent les gay-pride, le mariage homo et s'opposent même aux coming-out."

 

Pechka, le principal quartier homo de Moscou © Claire Adrien et Vika Nikolaieva, 2013

 

Ces mêmes sondages indiquent que trois Russes sur quatre associent encore homosexualité et maladie mentale. Des statistiques effrayantes qui se traduisent par des agressions de plus en plus fréquentes. "La communauté homo sert de bouc-émissaire au Kremlin", pense Micha, militant LGBT. "Elle permet de souder une majorité de Russes contre nous et de leur faire oublier leurs problèmes de retraites ou de santé."

 

Wentworth Miller, l'acteur-star de la série Prison Break avait fait son coming-out pour dénoncer les lois Poutine. On en parlait ici.

 

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