L'enfer scolaire en Corée du Sud

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Mardi 16 septembre 2014

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L'enfer scolaire en Corée du Sud
Cité en exemple par tous les classements internationaux en termes de résultats scolaires et de connaissances acquises, le modèle d'enseignement sud-coréen est une machine à broyer les élèves, épuisés par des rythmes invraisemblables.

 

Ha-Young est en terminale dans un lycée de la banlieue de Séoul. Il dort au maximum entre quatre et cinq heures par nuit. Non pas qu'il soit particulièrement fêtard, mais ce garçon de 18 ans est assommé par des horaires affligeants :

Je vais au lycée entre 8h du matin et 16h30, puis je vais certains jours dans un institut privé pour des cours du soir, de 18h à 22h. Enfin je révise dans les salles d'études jusqu'à 2h du mat'.


 

L'école sud-coréenne pousse au suicide : reportage d'Envoyé Spécial © Babel Press, 2011

Pression

Il n'est pas un cas isolé, loin de là. Pour être sûrs d'entrer à l'Université, les écoliers, collégiens et lycées sud-coréens s'infligent un emploi du temps surhumain, à tel point que Sang-Won, 18 ans également, reconnait s'endormir régulièrement en classe : "En général le professeur nous réveille."

Les parents alimentent souvent cette pression disproportionnée. Mme Cheon considère l'éducation comme une notion déterminante dans le destin de ses deux enfants :

La première question qu'on pose en rencontrant quelqu'un, c'est son nom, puis quelles études cette personne a fait. Ceux qui ne vont pas à l'université ont plus de chance de voir leur statut social se dégrader, et de mener une vie plus ou moins délinquante.


 

Suicides

Et si, logiquement, un tel matraquage porte ses fruits (les résultats scolaires des Sud-Coréens prennent régulièrement la tête du classement PISA, qui compare les systèmes éducatifs des différents pays du globe), il a aussi des conséquences désastreuses : le taux de suicide des adolescents a bondi de 75% en dix ans.

Won Seung-Ho, directeur d'une école publique de Séoul, évoque également une banalisation des violences à l'école.

Le gouvernement est très préoccupé et fait des efforts de prévention. La situation s'est un peu arrangée.


 

Le problème est loin d'être résolu : il y a encore beaucoup de boulot, pour limiter le boulot.

 

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Reportage : Frédéric Ojardias                           Mise en page : Augustin Arrivé

Photo de couverture : Cc FlickR UNC CFC USFK


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