L'élite qui se délite

le Reportage de la Rédaction Mercredi 02 avril 2014

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L'élite qui se délite
"La crème de la crème", le dernier film de Kim Chapiron, sort en salles ce mercredi. Plongée au cœur de l'univers trash des écoles de commerce. Tout se vend, tout s'achète, y compris l'amour. La rédac du Mouv' détricote les codes de cette crème de la crème qui peut facilement tourner.

 

HEC, Essec, EM Lyon, Edhec, Audencia Nantes, ESC Rennes, etc. On vous épargnera les classements des uns et des autres, on n'a rien compris. Mais eux, ils aiment bien ça, les classements. Eux, ce sont 90.000 étudiants, inscrits dans une des 207 écoles de commerce de France. Le chiffre a quasiment doublé en quinze ans. Dans les têtes et dans les faits, l'école de commerce, cela reste un passeport assez "secure" pour rentrer sur le marché du travail et l'assurance de bien gagner sa croûte.

En parlant de croûte, grattons un peu. On a causé avec trois anciens : Chloé (Kedge Marseille), Arnaud (ESCP Europe) et Guillaume (ESC Dijon).

>> Réécouter : l'interview de Kim Chapiron dans Pop Corn

"Terre brûlée au vent"

Dans le film, ça sulfate sévère. Dans la vraie vie, les business schools n'ont pas échappé aux reportages hardcore sur les soirées endiablées et autres faits divers glauques. Phénomène bien connu du "binge drinking" qui ne se limite pas aux écoles de commerce mais assez symptomatique des Grandes Ecoles et des promotions "corporate" type ingénieurs ou médecine.

Un étudiant ivre (pléonasme) s'est glissé dans cette photo, saurez-vous le repèrer? , par Roogi

 

Inutile alors de décerner la palme des plus gros bringueurs. On remarquera qu'ils ont tous un point commun : la pression exercée pendant les études.

On sort de deux ans de prépa à bosser comme des tarés, alors les soirées c'est un peu le sas de décompression. No limit.


 

EmBDEd, le Business Des Etreintes

Et dans cette ambiance de débauche, évidemment, ça finit en partouze géante où même les moches parviennent à leurs fins, si ils en ont les moyens, nous dit en substance le film. Dans les vraies écoles de commerce, à défaut d'organiser des réseaux de prostitution au sein même de l'établissement, on s'emballe goulûment et gratuitement. "Il y avait même un journal de l'école qui racontait les ragots de la soirée, qui avait pécho qui. Tout le monde baisait avec tout le monde. C'était une façon de se faire valoir", explique Chloé.

 

Dans cette jungle, le roi de la savane, sans conteste, c'est le président du BDE. Le trésorier de l'asso de voile s'en sort pas mal aussi. Bref, pour avoir du réseau, être reconnu, il faut faire partie d'un club.

Le pouvoir du sweat BDE, ça ouvre des portes. Tu n'existes que par ton asso.


 

A Marseille par exemple, sur 300 élèves dans une promo, 50 environ intègrent un groupe, BDE ou asso. 

Caricature ou pas, alors ?

Chloé : "Le côté fêtes sans limite est très vrai. Idem pour le côté assos. Mais on n'est pas tous des fils/filles de riches. Bon après, c'est vrai qu'on sait tous skier. On intègre ces écoles pour avoir le même niveau de vie que nos parents mais ça n'est pas champagne tous les jours."

Guillaume : "Ils ont excessivement tiré le trait du sentiment d'appartenance aux grandes écoles. C'est vrai en revanche que le réseau est très important. Faire des soirées, ça fait partie de la vie étudiante mais dans les écoles de commerce, ça n'est pas non plus sexe, drogue et rock'n roll.

Arnaud : "Ca n'est pas un monde impitoyable. C'est un monde hyper formaté, et très chiant."

A lire aussi pour poursuivre la découverte de ce monde impitoyable, ou pas : Trash Campus (éditions France Empire) de David Karven, un ancien d'école de commerce. 

 


 

Reportage signé Bénédicte Dupont

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