L'Allemagne, paradis des bordels

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Mercredi 04 décembre 2013

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L'Allemagne, paradis des bordels
Les députés se prononcent aujourd'hui sur le projet de loi pénalisant les clients des prostituées. En Allemagne, la prostitution est légale depuis 2002. A Sarrebruck, près de la frontière française, cette loi censée protéger les prostituées a surtout eu pour effet de rendre leur présence plus visible.

 

Charlotte Stiévenard a pu entrer dans une maison close de Sarrebruck. Reportage en cliquant ci-dessus.

 

 
 

 
 
 
C'est un nœud de communication à moins de 400 km de Paris, seulement 70 km de Metz. 160 000 habitants, une centaine de bordels qui font travailler un millier de prostituées.

 

Dans l'Eros Center qui nous accueille, les filles vous saluent dans la langue de Molière. Sept clients sur dix sont français. Des frontaliers qui passent leur samedi après-midi dans les thermes et au casino, le soir au bordel.

 

 

 

 

 

Alors qu'en France, la proposition de loi socialiste s'inscrit clairement dans une logique abolitionniste, l'Allemagne a fait le choix inverse il y a onze ans. En légalisant la prostitution, le gouvernement espérait protéger les prostituées en leur permettant d'être couvertes par l'assurance maladie. Aujourd'hui, sur 200 000 à 400 000 personnes vivant de la prostitution en Allemagne, seuls quelques dizaines seraient effectivement déclarées.

Mais cette loi a surtout permis aux maisons de passe de se multiplier à vitesse grand V, échappant à tout contrôle. Les descentes de police s'y limitent à de simples contrôles d'identité. Interrogée il y a un an par InternationalesTV, la ministre du Droit des femmes Najat Vallaud Belkacem y voyait un échec du choix politique allemand (et néerlandais).

 

Autre effet induit par cette loi : la prostitution de rue ne se cache plus. Selon les associations qui les prennent en charge, les travailleuses ne sont pas plus nombreuses (ce qui n'est pas l'avis de la police sarroise), mais plus visibles qu'avant, au grand désespoir des riverains. Jürgen wohlfahrt est élu à la mairie de Sarrebruck :

Un des sites se trouve à côté du cimetière. Les gens viennent pour les enterrements et se retrouvent nez-à-nez avec les filles. L'autre problème, c'est la pollution. Sur les lieux ou elles travaillent, on retrouve souvent des lingettes et d'autres choses de ce genre.


 

Dans les rues de Sarrebruck, neuf prostituées sur dix sont étrangères, arrivées en nombre de Roumanie et de Bulgarie depuis l'ouverture des frontières en 2007. La maire de la ville prévoit d'étendre les zones interdites à la prostitution et de mettre en place une taxe de 5 euros par jour et par prostituée.

Reportage pour le Mouv' signé Charlotte Stiévenard.

Le Mouv' s'interesse au débat sur la prostition :

    
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Crédits Photo Wikimedia Commons, Adolphe Willette

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