L'Afghanistan vit sa première finale de foot féminin

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Mercredi 08 octobre 2014

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L'Afghanistan vit sa première finale de foot féminin
C'était le week-end dernier à Kaboul. Pour la première fois dans l'histoire de l'Afghanistan, une équipe de football féminin a été sacrée championne dans ce pays où les droits des femmes sont un combat quotidien.

 

Dans les tribunes du stade de Kaboul, elles sont à peine une centaine, mais elles sont là, et c'est bien l'essentiel. Les supportrices de foot ne sont pas légion en Afghanistan. Ce jour-là, aucun homme n'a voulu se mêler au groupe. Les femmes ont enfin l'honneur d'un championnat national de foot, mais pas question que ces messieurs y assistent. Zarah est l'une des plus virulentes sur les gradins :

En Afghanistan, ce n'est pas évident pour les filles de jouer au foot. Elles sont obligées de se battre pour y arriver. C'est pour ça qu'on est venue les soutenir sur le terrain.


 

Zarah, debout pour encourager Kaboul © Joël Bronner

 

A 22 ans, elle bondit de son siège. Sur la pelouse, Frozan, la capitaine de l'équipe de Kaboul, reconnait que certaines de ses camarades finissent par baisser les bras : "Je vois beaucoup de filles qui jouent très bien mais qui ne viennent pas régulièrement parce que leurs familles y sont opposées."

Si le sport peut permettre d'oublier un peu la guerre, les attentats, c'est d'autant plus agréable lorsque le match se solde par une victoire. En ce premier week-end d'octobre, le titre de champion lui est justement revenue. Frozan et ses camarades ont écrasé le club d'Hérat par cinq buts à un.

 

Victoire de Kaboul en finale 5 à 1 contre Hérat © Joël Bronner

 

C'était la toute première saison d'un championnat de foot féminin dans le pays, alors seuls quatre clubs y participaient. Mais la fédération a bon espoir de développer l'événement. Le principal problème, ce seront les infrastructures, extrêmement limitées : le seul stade réellement équipé se trouve dans la capitale. Hérat, par exemple, n'en a pas, ce qui explique peut-être sa lourde défaite. Avec 1.500 jeunes filles licenciées, on peut espérer que la discipline gagne en notoriété. Les sous viendront ensuite.

 

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Toutes photos et reportage : Joël Bronner              Edition : Augustin Arrivé

 

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