Jungle, le funk du 3e type

Les plages musicales (2013-2014) Lundi 14 juillet 2014

Réécoute
Jungle, la funk du 3e type
Tout bêtement intitulé "Jungle", le très attendu premier album du groupe londonien révélation de l'année, réconciliera les fans de Marvin Gaye, Jamiroquai, Prince et Pharrell Williams.

Méfions nous des évidences : Jungle, ce n'est pas de la jungle mais de la pop funk à l'anglaise concoctée par un duo d'auteurs compositeurs british qui se faisait appeler J & T. Derrière cette appellation plus proche d'une marque whisky que de génies de studio se cachaient Josh Lloyd-Watson et Tom McFarland, deux potes d'enfance qui faisaient du skate ensemble dans leur quartier de Shepherd's Bush à Londres où ils ont aujourd'hui installé leur home studio.

C'est en 2003 qu'ils font pour la première fois parler d'eux sous le nom de Jungle avec un premier single, "Platoon", qu'ils accompagnent d'un clip où pendant trois minutes, une petite breakdanseuse de 6 ans danse comme une grande pour un show rigolo : bam, 4 millions de vues sur le net.

 

 

Pour "The Heat" le single suivant, toujours pas de J ni de T mais un duo de danseurs en roller skates sapés en survêtements verts.

 

A l'annonce du premier concert londonien du groupe en décembre 2013, les tickets se vendent en 24 heures. Le public découvre alors le vrai visage du groupe Jungle. En lieu et place de J et T, Josh Lloyd-Watson et Tom McFarland, entourés d'un groupe aussi blanc qu'eux, dans la grande tradition de la northern soul à la anglaise.

 

Six mois plus tard paraît enfin leur premier album sobrement inititulé "Jungle", 12 titres parmi lesquels tous les premiers singles et les excellents morceaux qui les accompagnaient. Autour, de nouveaux titres à la classe folle dans une veine pop funk presque anachronique où J et T explorent toutes les palettes de la soul et la remettent au goût du jour, réunissant les Bee Gees, Snoop Dogg, Scissor Sisters, The XX et Curtis Mayfield dans un même shaker.

 

Un cocktail explosif qui tient ses promesses sur scène où les deux cerveaux ont bien été obligés de s'entourer de musiciens (un guitariste, un batteur et un clavier) et de choristes pour recréer les atmosphères magiques de leur soul du troisième type. Récemment vus aux Eurockéennes de Belfort, le show Jungle tenait la route en dépit d'une impression de monotonie sur la longueur à mettre en partie sur le dos des conditions : scène de festival et horaire de jour. A voir donc en club dans la chaleur de la nuit de préférence. Prochains concerts le 18 juillet au festival les Vieilles Charrues à Carhaix, le 22 au Paléo en Suisse, puis en novembre pour une petite tournée française qui passera par le festival Pitchfork à la Grande Halle de la Villette.

 

Album "Jungle" (XL Recordings / Wagram)

 


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