Jeunesse révoltée, belle endormie ?

le Reportage de la Rédaction Vendredi 22 août 2014

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Jeunesse révoltée, belle endormie ?
L'Université d'été européenne des mouvements sociaux s'est achevée le 24 août à Paris. Organisée par le réseau Altermondialiste ATTAC, elle s'est tenue toute la semaine dernière à la fac de Paris VII. L'occasion de prendre des nouvelles de ces mouvements spontanés, des Indignés à Occupy Wall Street, qui semblent s'essouffler.

200 organisations participantes, 40 pays représentés, 1700 personnes inscrites aux ateliers, aux débats et aux séminaires, sur des thèmes aussi divers que l'écologie, l'économie, le féminisme, ou encore les luttes sociales. Sur place, beaucoup de "vieux de la vieille", associations, syndicats, ONG, mais peu d'électrons libres. Pourtant, un peu partout dans le monde, de la place Tahrir à la place Maïdan, on a vu ces mouvements spontanés fleurir. Où est passée la jeunesse indignée ?

Pour Dominique Plihon, l'un des porte-paroles d'Attac France, le peuple est effectivement découragé par la crise mondiale... Mais pas désespéré.

 

Les participants écrivent comment ils changent le monde à leur manière, dans les locaux de Paris VII. 

Dans les locaux de Paris VII, il y a ceux qui sont là pour parler de la lutte contre le Traité transatlantique (TAFTA), ceux qui viennent évoquer la crise ukrainienne ou encore la question palestinienne... Des concerts, des visites d'AMAP, des "conférences gesticulées", du théâtre... Ce côté un peu "fourre-tout" est peut-être l'un des symptômes du problème : comment lutter ensemble quand les combats sont si différents, et les cultures, si variées ? Comment se comprendre, par exemple, entre pays du Nord et pays du Sud ?

C'est compliqué, mais pas impossible, pour Nicky, une Anglaise qui travaille en Bolivie pour une association de lutte contre le réchauffement climatique.


Chancia, elle, est gabonaise. Elle vient d'un pays où les problématiques n'ont rien à voir avec les préoccupations européennes.


Mais pourtant, pour elle, le fait d'être confrontée à des combats et à des problèmes très différents, c'est justement ce qui fait la richesse de ces échanges. Le but, ici, c'est d'évoquer ensemble des idées et des expériences pour ensuite tenter de les mettre en application.


Là, on se heurte à un autre problème, que résume Sébastien, un Suisse d'origine colombienne.

Aujourd'hui, nous sommes tous conscients de l'importance de passer du "blabla" à l'action. C'est l'action conrète qui peut changer les choses.



En fait, selon Sébastien, les mouvements sociaux sont loin d'être endormis. Il existe une multitude de petites actions locales. L'enjeu, c'est d'arriver à les fédérer, pour leur donner de l'ampleur au niveau européen ou mondial.

 

Plusieurs actions sont d'ailleurs prévues dans les prochains mois. La manifestation contre l'installation de la BCE à Francfort, le contre-sommet de la Conférence Paris Climat 2015, la sensibilisation contre le TAFTA... Reste à savoir si le noyau dur des militants réussira à mobiliser les foules pour vraiment ébranler la machine.

 

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Reportage et mise en page : Magali Fichter


Photos de couverture : cc Magali Fichter

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