Jeunes papilles cherchent nouveaux goûts

le Reportage de la Rédaction Lundi 14 octobre 2013

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Jeunes papilles cherchent nouveaux goûts
Et si l'éducation au goût devenait une nouvelle matière enseignée à l'école ? A l'occasion de la semaine du goût, reportage avec des collégiens en plein apprentissage des odeurs et des saveurs.


Cécile de Kervasdoué a mis les petits plats dans les grands pour cuisiner ce reportage. Cliquez ci-dessus pour goûter le résultat.

 




L'un ne jure que par les pâtes à la carbonara, l'une par la paella de sa grand mère, une grande majorité des autres par la nourriture de fast food. Bienvenue au Collège Pierre de Ronsard, 330 élèves à Bourgeuil en Touraine. Ici, les collégiens mangent comme partout ailleurs, sans trop se poser de questions.

Sous l'impulsion de leurs profs de physique et de mathématique, les 5 ème ont deux heures de classe de goût par semaine. Une invitation à la découverte et à se servir de leur odorat, qui fait 90% du boulot en matière de goût.





Et les élèves apprennent vite, prennent plaisir à qualifier des senteurs à l'aveugle. Pour certains, l'exercice a quelque chose de perturbant, tant la perception des odeurs (bonnes ou mauvaises, rarement entre les deux) relève de l'intime. Dominique Montoux, formatrice à l'apprentissage du goût :

L'odeur travaille sur l'inconscient. Il ne faut pas en parler. Parler des odeurs, c'est revenir à l'état animal, être à quatre pattes et renifler comme le chien...


Reniflons, camarades © Cécile de Kervasdoué, Le Mouv'

 
Initiée il y a 25 ans par le journaliste gastronomique Jean-Luc Petitrenaud, la semaine du goût  s'invite chaque année dans les établissements scolaires et depuis peu dans les crèches. Mais l'événement passé, la mayonnaise a du mal à prendre. Paradoxal dans un pays où la gastronomie est classée au patrimoine mondial de l'humanité. 

La vie couleur fruits © Cécile de Kervasdoué, Le Mouv'
 

Pour Emmanuelle, prof de physique-chimie à Pierre de Ronsard, l'éducation au goût n'a pas sa vraiment place dans les programmes de l'éducation nationale car elle relève du sensoriel plus que de l'intellectuel :

 

Apprendre à gouter permet aux élèves de se concentrer sur ce qu'ils ressentent. Dans la plupart des disciplines au collège, on s’intéresse surtout à l'esprit, on fait fonctionner notre cerveau. Avec le goût on se consacre au corps, au ressenti physique.

Au menu ce soir : pizza au fenouil © Cécile de Kervasdoué, Le Mouv'
 
A ce jour, les cours de goûts réguliers se cantonnent aux écoles alternatives privées, type Steiner ou Montessori.

Reportage pour le Mouv' signé Cécile de Kervasdoué.

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