Jean Gab'1, écrivain à l'ancienne

La livraison de la semaine Lundi 04 mars 2013

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Jean Gab'1 l'écrivain, pas l'acteur
Après plusieurs disques, des featuring en pagaille et quelques rôles au Cinéma, Mc Jean Gab'1 se lance dans l'écriture. "Sur la tombe de ma mère" (Don Quichotte) est tout simplement l'autobiographie de "P'tit Charles". Au menu de cette rencontre : sa technique d'écriture mais aussi pourquoi il ne voulait pas faire un Métronome bis.

Présentation de l'éditeur :

« J’avais pris l’habitude, en sortant du solfège ou du catéchisme, de passer à la superette de M. Pétika pour chouraver quelques bonbecs. Ce que je ne savais pas, c’est que Pétika avait retapissé ma petite ganache et, peinard, tenait une note précise de mon butin. Le jour où il a présenté la douloureuse à mon daron qui rentrait du turbin, j’ai pris une escalope dans le museau et suis parti au pieu sans becter. »

Charles est fier d’être un emmerdeur : quand la vie vous a tout pris, il faut bien trouver une raison d’exister. Placé en foyer avant sa dixième année, après que son père a tué sa mère, le jeune Français d’origine africaine doit attendre sa majorité pour partir à la conquête du Paris des années 1980, peuplé de Blousons noirs et des pionniers de la génération hip-hop choyés par Paco Rabanne avec, pour seules armes, son irrévérence détachée et sa droiture y compris dans le vice, qui lui valent très vite le blaze de « Jean Gabin ». Maniant la langue comme un 9 millimètres, usant d’un argot savoureux et de tournures dignes des dialogues de Michel Audiard, le futur MC ne le sait pas encore, mais il est fait pour le rap. Pour l’heure, néanmoins, c’est une autre voie qu’il choisit : le braquage, art pour lequel il montre un talent certain. Il vit alors sa vie comme une mélodie en sous-sol, toujours entre deux coups, à l’affût de la bonne « occas’ ». Et quand Paris devient trop petit pour lui, c’est en Allemagne qu’il décide de monter son plus gros casse : il dévalise une grande banque berlinoise. Trahi par un complice, Charles écope de trente-trois ans de « calèche », ramené à huit en appel, qu’il décide de passer en Allemagne, laissant pour un temps la France et ses galères et partant à l’assaut d’une nouvelle langue.

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