"Je te rends ton portable si tu me suces dans les toilettes du collège!"

le Reportage de la Rédaction Mercredi 22 octobre 2014

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En France la prostitution des ados est complètement taboue. Pourtant d'après les associations, entre 5000 et 8000 enfants se prostitueraient. Et de plus en plus dans l'enceinte du collège ou du lycée. Pour un cadeau, un service, de l'argent, ou sous la menace, les faveurs sexuelles plus ou moins volontaires se donnent de plus en plus tôt.

 

Cette semaine, l'Association Contre la Prostitution des Enfants (ACPE) a lancé une campagne choc.

 

L'occasion pour nous d'aller à la rencontre d'adolescents et de recueillir leurs témoigages.

  • Le sexe est banalisé

Bombardés d'images sexuées et sexuelles dans la rue, les médias, et sur internet, abreuvés de scènes érotiques et pornographiques, privés souvent de conversations sur le sujet avec leurs parents ou leurs profs, beaucoup de jeunes ont des relations sexuelles très tôt. Souvent sans réfléchir, parce que la virginité doit se perdre le plus vite possible.

Selon Solène, 16 ans :

Dans un collège du 92 il y a des filles qui dès la sixième se font dévierger dans les couloirs ou les toilettes, 5 minutes  avant les cours. Elles sont consentantes, c'est pour le fun!


 

Un phénomène bien connu aux Pays Bas et en Grande-Bretagne: les "lover boys", des jeunes hommes de 16 à 25 ans qui séduisent des jeunes filles mineures et leur demandent une preuve d'amour: coucher avec un de leur copain!

  • Le sexe est monnayé

Pour avoir un téléphone portable, des vêtements, un accessoire à la mode, certains jeunes ont recours à des "plans escort" sur internet. Ces sites ont pignon sur rue et ne sont pas contrôlés par la police. Sous couvert de "share" ils mettent en contact des internautes majeurs, mais parfois mineurs, qui vont se mettre d'accord sur un tarif et un lieu, avant de se rencontrer pour avoir une relation sexuelle.

Ce genre de site a poussé Kidal (nom d'emprunt) à se prostituer dés l'âge de 16 ans. Après une grave dépression, il a trouvé refuge à l'Amicale du Nid, où il a pu parler et sortir du cercle vicieux de cette "prostitution volontaire" :

Ca part de "tu vas te faire de l'argent facile pour pouvoir impressioner ton entourage". Pour un garçon de 16 ans je menais vraiment une grande vie.


 

  • Lever le tabou, libérer la parole

C'est le nom de l'association qui veut lutter contre ce phénomène. Sans moyens, elle a pourtant mis en place un campagne de sensibilisation à destination des parents et des enfants. Mais aussi tout un kit pédagogique pour permettre aux enseignants d'en parler avec leurs élèves.

Armelle le Bigot Macaux, présidente de l'ACPE, précise :

C'est un tabou tellement énorme que les gens ne veulent pas voir que ça peut toucher leur enfant, là, en ce moment, dans l'enceinte du collège ou du lycée!


 

Pour l'instant rien n'est prévu ni pour diffuser la campagne télé ni pour diffuser les kits dans les écoles.

 


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