Jacquie et Michel, l'empire du porno à la bonne franquette

L'actualité numérique Mercredi 09 octobre 2013

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Jacquie et Michel, l'empire du porno à la bonne franquette
Couple mythique de l'Internet français, Jacquie et Michel représentent l'une des plus grosses galaxies du porno made in France.

 

Sous des dehors clairement franchouillards, qui revendiquent le "sexe à la bonne franquette", cette marque est en fait un business du porno sacrément bien ficelé qui fait mine de ne pas y toucher, comme le démontre un article du site Le Tag Parfait.

Une communication maîtrisée

Tout est parti de jacquieetmichel.net. Lancé en 99, ce site à partir duquel le mythe s’est construit est d'ailleurs encore bloqué dans l'esthétique des années 90. Fond noir, liens flashy, gif kitsch, où l’on invite sans chichi à cliquer sur les contributions des "pornovoisines", le tout alimenté par une grosse communauté prônant les valeurs du libertinage et de l'échangisme, sur laquelle s’est fondé l’empire Jacquie et Michel.

Parce qu’aujourd’hui, Jacquie et Michel, "J&M" pour les intimes, c’est tout une galaxie de sites bien éloignés du sobre jacquieetmichel.net, tels que Desinhibition.com, PornoVoisines.com ou bien encore Jacquie et Michel TV. Ce dernier, qui fait des vidéos de porno amateur, représente à lui seul, tenez-vous bien, 5 millions de visiteurs par mois, l’équivalent en gros du trafic du site de Telerama. Il ne s'agit pas forcément du même public mais c’est plutôt énorme et surprenant pour ces sites qui ne paient pas de mine, à l'heure des YouPorn et autres Xhamster.


Un business bien rentable

Or sur Internet, qui dit gros trafic dit forcément pépettes. Il y a quelques années, j'ai eu la chance d'avoir le prétendu Michel au téléphone, dans le cadre d'un article sur le sujet, et ce dernier m'a certifié que Jacquie et Michel n’était pas une machine à cash. Selon lui, les fonds engrangés, notamment par les vidéos qui deviennent (évidemment) au bout d’un moment payantes, servaient à couvrir les frais de maintenance des sites et trois salaires modestes dont le sien.

Tout cela semble quand même un peu approximatif, vu que dans le milieu on parle de plusieurs millions de revenu par an. Un bon gros paquet qui ne colle pas trop néanmoins à cette image savamment léchée de porno amateur proche des gens, qui se distingue des gros bonnets français surproduits comme Dorcel.

Et c’est par là que Jacquie et Michel est, comme le dit Le Tag Parfait, un exemple type de marketing web réussi. En 15 ans, et malgré leur succès, ils ont réussi à conserver cette image d'Épinal de porno des familles, loin du blingbling. Leur "Merci qui ? Merci Jacquie et Michel" est devenu culte bien au-delà des seuls cercles d’initiés -virus qui aurait particulièrement bien pris du côté de la ville de Nîmes. Un bouquin, Avis aux amateurs… Le journal de Jacquie et Michel est même sorti en 2006 pour consolider le mythe, qui serait parti “d’une semaine de stage aux frais de l’Éducation nationale pour apprendre à maîtriser la construction de sites web”. Tant et si bien que Michel me confiait déjà en 2011 :

C’est étrange de dire cela, mais je crois que je suis un peu devenu une légende…

Bref, Jacquie et Michel, c'est du made in France qui gagne dont devrait s’inspirer toutes les boîtes désireuses de revigorer leur positionnement sur Internet. Et pourquoi pas aussi, notre ministre du redressement productif.

 

SONS :

-Extrait d'une vidéo de Jacquie et Michel, intitulée "Matraquage anal au Cap d'Agde !". Je mets pas de lien, hein.

Andréa Fradin

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