Isadora Duncan

Les lectures Mercredi 15 janvier 2014

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ISADORA DUNCAN
L'autobiographie d'Isadora Duncan, "Ma vie", n’est pas seulement l’histoire d’une femme hors-norme, c’est une profession de foi désacralisée, un testament qui déborde de vie.

 

Plus qu’une autobiographie, c’est un viatique ; la bible de ceux qui veulent croire au destin. C’est aussi, entre les lignes, les bases théoriques d’une révolution artistique. Le tout en cinquante ans d’une vie fracassante.

Révolutionner la danse

Isadora Duncan n’a pas dix ans qu’elle gagne déjà sa vie en donnant des cours de danse prisés à San-Francisco. Génie précoce, elle a une conscience aigue de sa mission. Elle appelle de ses vœux une danse différente : elle rejette le ballet classique dont « la gymnastique raide et vulgaire n’avait fait que déranger {s}on rêve, ».
Ma Vie est en ce sens le récit de son combat pour faire de la danse un art total qui révèlerait dans ses mouvements toute la palette des sentiments de l’humanité.

 

"Mon art est une expression de la vie"

Le 20ème siècle est à peine naissant. Il est corseté dans la rigueur des expositions universelles et encore ivre de progrès ; en somme, il n’est pas aux passions.

Pieds nus, en tunique grecque, à New-York, Londres, Paris puis Berlin, la jeune Isadora défraie la chronique et enthousiasme vite la jeune garde artistique. Elle passe ses nuits au musée, elle s’enrhume dans des studios mal chauffés, elle travaille sans relâche à trouver la justesse ; à traduire en actes physiques les émotions de l’esprit. Elle veut une « renaissance de la religion au moyen de la danse » ; elle rassemble des fonds ; elle veut créer une école. Elle lit Schopenhauer, elle étudie Wagner, elle se rend en Grèce et veut construire un temple. Elle fustige la guerre, elle devient communiste. Elle aime un richissime industriel, elle aime un poète maudit. Elle perds ses deux enfants et brûle par les deux bouts ce qu’il lui reste de cœur. Surtout, elle accuse les coups avec une résilience stoïque : « la tristesse, les douleurs, les désillusions de l’amour, je transformai tout en mon Art ».

Ma Vie est inachevé, et c’est tant mieux : le livre ne dit pas ses probables penchants depressifs et alcooliques, ni la ruine partielle des dernières années de sa vie tempétueuse et controversée : elle meurt tragiquement, dans la poussière et dans le sang. Mais elle laisse derrière elle un précieux guide de survie pour les âmes passionnées.

 


 

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