Internet à la vie à la mort

L'actualité numérique Mardi 16 avril 2013

Réécoute
Internet à la vie à la mort
Sur Internet, il y a une vie après la mort. Un au-delà numérique que Facebook, Google et compagnie tentent de plus en plus d'organiser, même s'ils n'ont pas toujours anticipé ce genre d'aléas inhérents au profil de leurs utilisateurs.

 

Ça donne un peu la chair de poule. Mais le problème de la mort numérique se pose de plus en plus. Car qui dit multiplication des usages, prolifération des espaces d'expressions en ligne, dit forcément paquets d'informations personnelles disséminées sur Internet. Le problème, au-delà de celui plus classique de la protection de ces données et de la vie privée, réside aussi dans ce qu'il faut faire de ces bouts de personnalités numériques une fois que leur propriétaire décide d'arrêter d'utiliser tel ou tel service sur Internet. Ou ne le décide pas d'ailleurs, mais le quitte de fait, suite à un événement malheureux. Douloureuse mais inévitable question à laquelle tentent de répondre de plus en plus de boîtes sur Internet. 

Facebook prévoit déjà depuis quelques temps une procédure permettant de transformer le profil d'un défunt en une espèce de mémorial connecté. Une prise en compte du deuil qui s'est vite avérée indispensable sur le site, qui, fatalement, a vu se multiplier l'apparition de comptes d'utilisateurs passé de vie à trépas. Des profils fantômes, sur lesquelles venaient spontanément fleurir des messages de soutien et de recueillement. Et qui aboutissaient parfois à des situations troublantes pour les proches du disparu, qui se voyaient par exemple invité par Facebook à "renouer" avec le disparu en question. Brrrr.

 

Il y a quelques jours, c'est Google qui s'est mis au conseil funéraire, en proposant à ses utilisateurs de lui indiquer quoi faire des données déposées sur ses différents services. Via un formulaire très simple, appelé pudiquement, “gestionnaire de compte inactif”, il est possible de transférer les documents, les mails, ou bien encore les vidéos à un contact dit “de confiance” au bout de x mois d’inactivité sur Google. Et là encore, c’est à nous qu’il revient de décider à partir de combien de temps Google doit s’activer et... éventuellemement mettre en terre nos données.

Car au-delà du deuil sur Internet, et de la survivance de l'identité numérique, se pose aussi la question de la conservation de toutes ces informations. Car il ne faut pas oublier que si les services qu'on utilise quotidiennement en ligne sont le plus souvent gratuits, ils restent proposés par des entreprises, pas forcément disposées à conserver nos traces ad vitam. Certaines se pencheraient déjà sur la question : ainsi le service de stockage Evernote réfléchirait à une conservation garantie de 100 ans.

Une concession numérique, en attendant (qui sait ?) que ces boîtes promettent un jour la pierre philosophale de nos vies connectées.

SONS : #mce_temp_url#

Générique de la série XFiles, "tulututuuuuut tututututttt tulutulutuluuuuu". Rien que de l'écrire, ça me colle les miquettes.

Extrait de Sixième Sens, /!\ ALERTE SPOILER /!\ "Je vois des gens qui sont morts" et même sur Internet ça colle la chair de poule.

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Andréa Fradin

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