Instagram, Facebook et ces photos qui rendent fou

L'actualité numérique Vendredi 02 août 2013

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Instagram, Facebook et ces photos qui rendent fou
C'est LE fléau estival. Les photos de vacances sur Facebook, Instagram, ou tout autre espace susceptible d'être vu (et détesté), nous rendent complètement zinzins. Pire, jour après jour, cette spirale égotique risque bien de détruire la Terre.

 

On va pas se voiler la face, on connait tous ce moment particulièrement irritant. Ce moment où, alors qu'on bosse sous une chaleur à se ratatiner comme un pruneau, et que notre niveau d'aigreur a déjà explosé, on ouvre Facebook, Instagram, ou autres et qu'on tombe sur... LES PHOTOS DE VACANCES.

Cette forme bien particulière de publications sur Internet, à base d'orteils qui se tortillent dans de l'eau turquoise, de poitrines emmaillotées et de calamars grillés a le don d'irriter quotidiennement l'humanité qui s'y frotte. Et risque fort de la mener à sa perte.

Comme le rappelle Slate, ça fait un bail que les chercheurs, qui se sont évidemment penchés sur cette drôle d'habitude que nous avons contractée, voient Facebook comme une espèce de miroir déformant et pas franchement flatteur pour ses utilisateurs. En particulier ceux qui y passent le plus clair de leur temps pour zyeuter discrètement (ou pas) les photos de leurs potes (ou pas d'ailleurs, ici aussi).

 

Cette tendance, qui nous force à croire que notre vie est nécessairement merdique face à cette grognasse trop bien roulée qui bouffe des huitres sur une plage tellement scintillante qu'elle pique les yeux, est néanmoins contrebalancée par les beaux moments de partages et d'échange que permet aussi Facebook. Contre-poids salvateur qui n'existe malheureusement pas sur Instagram, royaume du cliché trop parfait et moteur de "la spirale de l'envie et de l'autopromotion", pour citer la scientifique interrogée par Slate.

 

La bande originale de nos photos de vacances

En clair, face aux clichés de la grognasse susnommée, je m’évertuerai à faire des photos encore plus parfaitement parfaites. Ou pour mieux dire, susceptibles de faire encore plus enrager mes contacts. Et de faire croire que mon quotidien est bien meilleur que le leur, alors que celui est somme toute assez banal, pour moi, pour eux, comme pour cette grognasse chère à mon cœur.

Et le pire dans tout ça, comme le souligne encore la chercheuse, c'est que tout le monde contribue activement à cette spirale dévastatrice sans évidemment se l'avouer. Et malgré chaque Instagram qu'on se tue à réaliser, quatre pattes par terre et lampe à bout de bras pour un éclairage optimal, on refuse de croire néanmoins que l'Instagram du voisin a nécessité le même effort insensé. C'est pourtant le cas.

 

Du coup, ces photos n'ont de cesse de nous irriter. Et quotidiennement, ces petits chariots de haine s'accumulent et tout le monde se déteste un peu plus. Résultat, je vous le dis : c'est pas le CERN qui va générer le trou noir qui va avaler la Terre. Mais cette accumulation égotique qui a coup sûr, va avoir une incidence quantique quelconque. Et va forcément finir par tous nous faire la nique.

 


Le trou noir du CERN - Streaming

SONS :

- Priscilla, Regarde-moi. Et regardez le clip hein.
- 2012, extrait. Le film est en entier, c'est mal - mais bien pratique pour retrouver la petite explication scientifique qui fait chic propre à tout film catastrophe qui se respecte.

ILLU :

Mes pieds en vacances qui créent un trou noir

Andréa Fradin

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