Inscriptions à la fac : la roulette russe ?

le Reportage de la Rédaction Mercredi 16 juillet 2014

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Inscriptions à la fac : la roulette russe ?
L'UNEF épingle les universités. Dans un rapport publié mercredi, le syndicat étudiant dresse son palmarès annuel des facs qui pratiquent une sélection illégale à l'entrée en licence et en master. 33 établissements sont comptabilisés en France.

 

Paris V, Nantes, Aix-Marseille, Montpellier I... Ces universités ont toutes pour point commun d'être montrées du doigt par l'UNEF dans son rapport annuel.

Selon ce rapport, "de plus en plus d'établissements choisissent de limiter le nombre de places disponibles en licence et en master par un processus de sélection". Soit en limitant le nombre d'inscriptions, soit en posant des conditions préalables à ces inscriptions. Le problème, c'est que la fac est censée être ouverte à tous.

 

Article L 612-3d du code de l'éducation : Le premier cycle est ouvert à tous les titulaires du baccalauréat (...)


 

Dans la pratique, qu'est-ce que ça donne ? Tentons d'abord d'y voir un peu plus clair sur ce que les universités ont le droit de faire et de ne pas faire.

En fait, il y a plusieurs types de licences.

  • Les licences "classiques" où l'on rentre automatiquement quand on a son bac et qu'on s'inscrit à la fac.
  • Les licences à capacité limitée : des filières pour lesquelles les universités peuvent limiter le nombre de places. C'est souvent le cas pour les licences STAPS, et c'est d'ailleurs l'exemple que donne Virginie Coste, chargée de la procédure Admission Post Bac pour l'académie de Strasbourg.


 

Dans ce cas-là, les universités n'ont pas le droit de choisir les étudiants sur dossier. Du coup, les élèves peuvent être sélectionnés sur des critères géographiques, ou selon les voeux qu'ils ont formulé, ou parfois même par tirage au sort.

  • Les licences à prérequis. Ce sont des licences spécialisées, où il est demandé aux étudiants d'avoir des compétences précises, par exemple de parler couramment une langue. Normalement, la fac, c'est la continuité du bac, donc on ne peut pas vous demander autre chose que votre diplôme, mais en pratique, c'est plus compliqué, comme l'explique Virginie Coste.


 

 

L'UNEF a mis en place son "Service Après Bac" au début de l'été.

 

Le problème, c'est qu'il est difficile de savoir où est la limite entre les universités qui sont de bonne foi et celles qui abusent pour mettre en place des filières sélectives et élitistes cachées. C'est ce que pointe l'UNEF dans son rapport. Et pour William Martinet, le président du syndicat, les méthodes "illégales" utilisées par les universités sont multiples.

 

 

On a besoin d'un ministère qui rappelle aux universités que leur mission, ce n'est pas de trier les étudiants (...) mais de mettre en place des formations qui correspondent au niveau du bac et qui permettent aux jeunes de réussir, d'obtenir un diplôme, et de trouver du travail


 

Le syndicat en appelle donc à la secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, Geneviève Fioraso, pour qu'elle fasse appliquer la loi et qu'elle donne aux universités les moyens financiers de la respecter.

 

 

 

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Reportage et mise en page : Magali Fichter


Photos de couverture : cc Flickr marycesyl et Aymeric Heim 

 

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