Illumination(s), la parole de trois générations

La Pop au carré Mardi 25 novembre 2014

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Illumination(s), la parole de trois générations
Les premiers se battent, dans les années 50, pour l'indépendance de l'Algérie. Les deuxièmes partent en France pour travailler et donnent naissance aux troisièmes, la génération des banlieues. Pour raconter ces récits, le metteur en scène Ahmed Madani a choisi neuf comédiens du Val Fourré.

 

Après le casting, la pièce Illumination(s) s’est construite progressivement sous forme de trois tableaux, représentant ces trois générations.

La pièce est composée de témoignages. Des récits qui par leur singularité racontent une humanité universelle, une humanité généralement dénigrée et souvent discriminée. « La discrimination positive, ça reste une discrimination », entend-on dans le spectacle.

 

Représentation de "Illumination(s)" par Ahmed Madani

 

Ahmed Madani raconte son histoire en filigrane, l’histoire de son père.

Et grâce aux comédiens, il donne la parole à une autre histoire, une histoire en direct, qui continue d’exister. Abdérahim Boutrassi, alias Toxik (un des comédiens) :

Ca me touche parce que ça parle de nos parents, ça parle de nous, on se ressent là-dedans… c’est notre vécu à nous, c’est le vécu de nos parents… c’est nous.



Abdelghani El Baroud, alias Qalam (un des comédiens) :

On a la chance de parler pour tout le monde, pour toute cette jeunesse issue de parents immigrés, et nous qui sommes nés en France et qui sommes français, on avait à cœur de défendre ça, de défendre cette parole et de parler de ce qui se passe réellement dans les quartiers, donc c’est un honneur et une fierté de porter ce message-là.


 

Représentation de "Illumination(s)" par Ahmed Madani

 

Donner la parole à ces jeunes c’est aussi reconnaître qu’ils existent, et que, si on les regarde sous une autre lumière, ils ne sont pas que des clichés, pas que des jeunes à capuche, pas que des voyous. Les illuminer, c’est aussi les regarder autrement, faire partager leur richesse.

En travaillant au plus près de ses comédiens, Ahmed Madani construit une pièce vraie, aussi poétique que réaliste. La mise en scène minimaliste et reposant quasi-exclusivement sur la lumière (conçue par Damien Klein) et le son (création sonore de Christophe Séchet) propulse le texte à plusieurs niveaux de sens : le sens historique, sociologique, philosophique, et humain.

Ahmed Madani a également collaboré avec le plasticien Nicolas Clauss qui a partagé son œuvre Terres arbitraires pour la création Illumination(s).

 

Représentation de "Illumination(s)" par Ahmed Madani

Déjà jouée 80 fois depuis 2012, la pièce atteindra les 120 représentations au printemps 2015. Toutes les dates de la tournée sont à retrouver par ici.

 

 


 

Reportage : Nausicaa Ferro

Photos : François Louis Athénas pour la compagnie Madani

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