Iles flottantes et autres desserts has been

Rien à voir Lundi 05 mai 2014

Réécoute
Iles flottantes et autres desserts has been
Il n'y a pas que les claquettes de piscine dans la vie : nos goûts alimentaires sont eux aussi soumis aux modes et aux tendances. Les vrais fashionista boivent du vin rosé et assaisonnent leur salade au vinaigre balsamique. C'est comme ça.

Si vous aimez les concombres, la rhubarbe et la mangue, sachez que vous êtes une indécrottable fashionista.

Comme les vêtements, nos goûts alimentaires subissent les effets de la mode. C'est Le Parisien Aujourd'hui en France (qui fait une petite pub pour un nouveau soda au passage) qui nous l'apprend. Dans les années 80, les consommateurs plébiscitaient les textures denses et crémeuses. On mettait du sucre en veux tu en voilà. Mais maintenant que la peur de grossir est devenue aussi universelle que la peur de mourir, c'en est fini de ce temps-là.

Le rosé, un vin facile

Autre article, cette fois dans le Journal du dimanche : « Les Français convertis au rosé ». Dans les grandes surfaces, les ventes de vin rosé ont dépassé celles de vin blanc. Pourquoi ? Parce que le rosé, c'est fastoche. Ca ne demande aucune connaissance des appellations, des millésimes ou des grands crus. « Pas besoin d'avoir fait quatre ans d'étude pour comprendre ce que l'on boit », explique l'oenologue interrogé par le JDD. Le rosé, c'est un peu le vin pour les Nuls.

Intéressante aussi : la mode des desserts, dans les restaurants. Il y a dix-quinze ans, il y a eu une grosse vague d'iles flottantes. Complètement has been aujourd'hui. Il y a eu la mouvance italienne aussi, avec la panacotta et le tiramisu. Le tiramisu s'en tire encore pas trop mal, mais on voit de moins en moins de panacotta.

Cuisine populaire, cuisine trendy

Toutefois la vraie dernière tendance, c'est bien sûr le pain perdu. Extrêmement symptomatique, le pain perdu. Un dessert de pauvres, qui, normalement, se cuisine avec du pain rassi. D'où le nom « perdu ». Astuce. On prend le pain tout pourri, on le trempe dans du lait et dans de l'oeuf, on le fait revenir dans une poêle et roule ma poule. Le coût de revient doit être autour de 5 centimes d'euros. Facturer 8 euros pour ça, c'est pour le moins ironique.

Et ça colle assez bien avec cette nouvelle mode qui consiste à récupérer les codes populaires pour en faire des trucs trendy. Genre Chanel qui fait défiler ses mannequins dans les rayons d'un faux supermarché. Ou Moschino qui fait des sacs à main en forme de boite Happy Meal de chez McDonald's. Le pain perdu, c'est un détournement de la culture populaire au profit des riches.

Comme quoi tout est politique, y compris ce qu'on met dans nos assiettes. On y pensera la prochaine fois qu'on fera une vinaigrette au balsamique.

 


 

> Suivez l'émission

> Abonnez-vous au podcast, RSS et iTunes

Crédit photo CC FlickR :

PaternitéPas d'utilisation commercialePas de modification Certains droits réservés par colonnade

Commentaires