"Il ne faut pas utiliser la mort de Rémi pour être violents"

le Reportage de la Rédaction Lundi 03 novembre 2014

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"Il ne faut pas utiliser la mort de Rémi pour être violents"
Une semaine après la mort de Rémi Fraisse, plusieurs rassemblements pacifiques étaient organisés dimanche en France pour rendre hommage à l'étudiant toulousain tué sur la ZAD du Testet dans le Tarn. A Paris, 66 personnes ont été interpellées « de manière préventive » par la police au lendemain de débordements qui font débat au sein même des manifestants.

La journée de samedi a été marquée par des manifestations qui ont dégénéré à Dijon, à Nantes, ou encore à Toulouse avec trois blessés et quelques vitrines cassées. Des scènes de guérilla urbaine, que la Ville Rose n'avait pas connues depuis des années, à l'issue d'une manifestation qui avait mobilisé près de 600 personnes.

Parmi elles, une majorité de manifestants animés d'intentions non-violentes mais pas surpris par ces débordements, à l'image de Camille :

Quelqu'un est mort. Pas étonnant que les gens soient énervés. Je manifeste avec des personnes qui n'ont aucune intention de casser quoi que ce soit. Les autres font ce qu'ils veulent.


Barrage de Sivens : des manifestants toulousains face aux CRS © Marine Vlahovic

 

Dans les ruelles du centre-ville, les policiers répliquent à des jets de projectiles par des bombes lacrymogènes et assourdissantes. "C'est la guerre dans Toulouse" confie une manifestante, un peu refroidie par les événements.

Certains sont ici pour "casser du condé", d'autres sont pacifiques. Je ne cautionne pas cette violence, ni du côté des flics, ni du côté des zadistes. Je suis là pour mes idées. Il faut que l'on soit présents, en nombre.

Quand les casseurs se mèlent aux manifestants pacifistes © Marine Vlahovic


Après quatre heures d’affrontements, trois blessés et une quinzaine d'interpellations, la ville rose retrouve sa quiétude. Mais ces scènes de guérilla urbaine laissent un goût amer à certains manifestants :

Il ne faut pas utiliser la mort de Rémi pour être violents [...] On ne peut pas répondre à la violence par la violence. Quand c'est "oeil pour oeil, dent pour dent", tout le monde finit sans yeux et sans dents.



Reportage, photos : Marine Vlahovic / Edition : Nour-Eddine Zidane.

 



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