Iceland Airwaves : le festival venu du froid

La Pop au carré Vendredi 07 novembre 2014

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Iceland Airwaves : le festival venu du froid
C'est le rendez-vous musical de l'année à Reykjavik : le festival Iceland Airwaves convoque près de 300 concerts entre le 5 et le 9 novembre. Pas de grosses têtes d'affiches internationales, mais une myriade de groupes locaux qui témoignent de l'étonnante vitalité de la scène islandaise.

Ásgeir est la nouvelle coqueluche de l'electro-folk islandaise. Le jeune homme de 22 ans découvert en France avec le single Going Home est parvenu en Islande à égaler les ventes de Björk avec la folk délicate de son premier album In the Silence.

Ásgeir sur scène à Reykjavik © Corentin Bainier


Le jeune chanteur a eu l'honneur d'ouvrir cette édition d'Iceland Airwaves, événement aujourd'hui incontournable inauguré il y a 15 ans dans un hangar de de l'aéroport de Reykjavik.

Dans ce petit pays de 300.000 habitants, la production musicale est en plein boom: pas moins de 150 albums publiés en 2013. De quoi inciter les jeunes groupes à se lancer, à l'image de Milkhouse, le groupe de Katrin:

Comme c'est un tout petit pays, si je suis fan de quelqu'un, admettons le chanteur Sin Fang, il est tout à fait possible que je le croise simplement en marchant dans la rue au centre ville, et c'est quelque chose qui, ici, est assez normal.


Le groupe s'entraine à jouer masqué pour que "les gens se rappellent deux" © Corentin Bainier

  
Ici, il n'est pas impossible pour les jeunes groupes d'aller demander conseil à Björk ou Sigur Rós. Rien d'étonnant à aller écouter Mugison, méga-star islandaise pour pas un rond dans le off du festival.

Les rockers de Mugison dans le off © Corentin Bainier


Dans le centre ville, les bars et les salles de concert se concentrent sur quelques rues. Un cadre idéal pour alimenter l'émulation et les échanges entre les groupes, selon Sygtriggur Baldrusson, le directeur du festival :

La connaissance et l'information se diffusent assez facilement dans une petite communauté. Les jeunes musiciens ont donc l'impression qu'eux aussi ils peuvent y arriver, ils se sentent valorisés  et se disent : si mes amis peuvent le faire, je peux le faire aussi !



Pour Ásgeir, la créativité bouillonnante des islandais est ancrée dans leurs gènes, elle doit plus à leur culture et à leur histoire qu'à la nécessité de tromper l'ennui pendant les longues nuits d'hiver.

Toutes les autres personnes que vous rencontrez ici sont soit musiciens, soit peintre. Ils font toujours quelque chose de créatif. Tout le monde grandit avec une sorte d'esprit créatif. Moi j'étais élève dans une classe de 16 enfants, et à un moment, tous jouaient d'un instrument.


Ásgeir en répète © Corentin Bainier


En Islande, chaque village ou presque a son école de musique, subventionnée par l’État. Un fonds de 135.000 euros a été levé pour soutenir l'exportation des groupes islandais dans les festivals étrangers. Une initiative salutaire, tant les prétendants au succès sont contraints de quitter l'Islande pour vivre de leur passion.

Reportage de Corentin Bainier / Édition : Sébastien Sabiron.

 


 

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