Génération Sarkozy : des jeunes entre conviction et désillusion

le Reportage de la Rédaction Lundi 08 septembre 2014

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Les jeunes avec Sarko pendant la campagne de 2007 / CC Flickr TPCOM
Ils font partie de la génération Sarkozy : ces jeunes, encartés ou pas, qui se sont éveillés à la politique sous l'ère Nicolas Sarkozy à l'UMP, entre 2004 et 2012. Que sont-ils devenus ? Quel impact les affaires et la défaite à la présidentielle ont elles eu sur eux ?

Ils ont tous cru à un moment ou à un autre, que Nicolas Sarkozy était l'homme providentiel qui allait réveiller la jeunesse et la France. Certains le croient toujours, d'autres ont choisi un autre modèle ou se sont détachés de la politique. La "Génération Sarkozy" a évolué depuis 2012 et le retrait de Nicolas Sarkozy de la vie politique après la défaite à la présidentielle.

 

Sarkozystes toujours

Il y a ceux qui ont choisi de rester fidèle à l'homme, malgré son absence. Aurore Bergé par exemple, 27 ans aujourd'hui, a grandi en militantisme avec Nicolas Sarkozy : engagée en 2002 à l'UMP en réaction au 21 avril, séduite par l'homme qui prônait le renouveau dès 2004, et rapidement impliquée dans les Jeunes Populaires, successivement responsable des Jeunes UMP des Yvelines, puis déléguée nationale des Jeunes UMP.

Depuis deux ans, elle continue à défendre les idées sarkozystes, dans l'attente du retour - plus ou moins annoncé - de Nicolas Sarkozy. C'est une évidence pour elle : s'il se présente à la présidence de l'UMP le 29 novembre, elle sera à ses côtés.

Sacha Hoffman n'a que 20 ans. Cet étudiant en droit, responsable des Jeunes UMP de Neuilly-sur-Seine, n'a pas connu l'ascension de Nicolas Sarkozy dans les années 2000. Peu importe : il dit avoir été séduit par l'homme et son discours compréhensible par les jeunes, dès ses 13 ans. Et il continue à porter ses idées, d'autant que, selon lui, aucune figure majeure n'a émergé à droite depuis deux ans pour venir occuper le fauteuil laissé vide par Nicolas Sarkozy en 2012.

Et cette défaite ? Et toutes les affaires dans lesquelles Nicolas Sarkozy a été impliqué depuis deux ans (Clearstream, Bygmalion ou Bettencourt, etc.) ? N'ont-elles pas ébranlé leur confiance en l'homme ? Pas du tout témoigne Clément Forestier, délégué national des Jeunes Populaires :

A aucun moment ma foi dans l'homme ne s'est ébranlée, jamais. Ma foi dans son entourage, oui, même sur des orientations politiques, oui, mais dans l'homme jamais.


Impossible de faire du neuf avec du vieux

En revanche, certains membres de la génération Sarkozy n'ont pas digéré les affaires judiciaires qui entourent l'ancien président. Sans pour autant rendre leur carte, ils réclament un renouveau à l'UMP, un homme neuf, pas encore usé par le pouvoir pour prendre les rênes du parti. Nicolas Sarkozy a eu sa chance, il a perdu, il doit laisser la place aux autres, estiment par exemple, les supporters de Bruno Le Maire pour la présidence de l'UMP.

Et puis il y a les déçus inconsolables. Les supporters de Nicolas Sarkozy qui se sont sentis floués, trompés lorsque la justice a rattrapé l'ancien président. Sophie, 21 ans, a assisté à de nombreux meetings pendant la campagne présidentielle de 2012, elle a soutenu un homme qui semblait porter des projets solides, proches de ses valeurs. Mais aujourd'hui, l'étudiante en droit à Paris II s'interroge :

Peut-on encore faire confiance à Nicolas Sarkozy ?


 

Pour elle, c'est non. Depuis, elle a pris ses distances avec la politique, le militantisme n'est plus à l'ordre du jour. Et surtout, elle ne veut pas assister au retour de Nicolas Sarkozy à la tête de l'UMP. A cette heure, il n'est pas candidat, et c'est Bruno Le Maire qui a, pour l'instant, pris le parti de draguer la jeunesse de droite, comme un certain Nicolas Sarkozy au début des années 2000, pour accéder à la présidence du parti.

 

 


 

Reportage : Marie Rouarch

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