"Génération quoi ?" : une jeunesse sacrifiée

le Reportage de la Rédaction Jeudi 27 février 2014

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"Génération quoi ?" : une jeunesse sacrifiée
Une grande enquête a été lancée en ligne chez les jeunes de 18 à 34 ans. Son but: faire une photographie de leur place dans la société, des galères qu'ils rencontrent et de leur manière de concevoir l'avenir.

Les résultats de cette enquête Génération quoi ? montrent une jeunesse qui se sent perdue. 210.000 jeunes y ont participé et pour 51% d'entre eux, avoir vingt ans n'est pas le plus bel âge de la vie.

 

Un manque de reconnaissance

Les 18-25 ans font voler en éclats le mythe de la méritocratie. 70% d'entre eux ont le sentiment que la société ne leur donne pas leur chance et qu'elle ne leur donne pas les moyens de montrer ce dont ils sont capables. Difficile de décrocher des stages, des jobs d'été et pourtant des CV, ils en envoient des quantités.

 

Le système éducatif mis à mal par les jeunes

 

61% des jeunes pensent que leur situation est précaire. Malgré de longues études pour beaucoup d'entre eux, il n'y a pas de travail à la clé. De plus, la concurrence est rude même quand ils sortent des grandes écoles.

 

Une génération lucide mais blasée

 

Cécile Van de Velde, sociologue et maître de conférence à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) a mené cette enquête, et y voit clairement une jeunesse qui se sent frustrée de ne pas pouvoir faire ses preuves. Pour réussir dans la vie, ces jeunes affirment ne pouvoir compter que sur eux-mêmes et pourtant 77% d'entre eux estiment que dans la vie, on ne peut pas s'en sortir sans solidarité.

 

"Dès que je peux, je me barre"

 

Trois quarts des jeunes ayant participé à cette enquête affirment que l'étranger les tente. D'après eux, les pays anglo-saxons leur offriraient plus d'opportunité qu'en France. Une réponse aux portes fermées pour eux qui se retrouvent au chômage, ou encore en contrats en intérim.

 

"Papa, maman, je peux encore rester à la maison ?"

 

Ils sont 53% d'après cette étude à affirmer que leurs parents les aident encore financièrement. Pas le choix: pas de boulot, pas de possibilité de payer un loyer.

Une situation paradoxale car ces même parents sont souvent ceux qui, dans leurs fonctions dans les entreprises, rechignent à embaucher des jeunes.

 

Un vent de révolte

 

Ces jeunes ont donc un fort potentiel de révolte. Si un "Mai 68 des jeunes" venait à éclater, ils sont nombreux à dire qu'ils rejoindraient le mouvement car ils ressentent que leur besoin d'expression est étouffé dans cette société qui ne les comprend plus.

 

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Reportage : Anne-Laure Labalette

Vidéos : Génération Quoi

Photo de couverture : Cc FlickR Nappent

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