Gaza prise au piège

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Jeudi 10 octobre 2013

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Gaza prise au piège
Déjà asphyxiée par le blocus israélien qui dure depuis six ans, la bande de Gaza étouffe un peu plus encore. Il y a trois mois, l’Égypte a décidé de détruire presque tous les tunnels qui rejoignaient Gaza en représailles au soutien apporté par le Hamas aux Frères Musulmans.


Sébastien Laugénie s'est rendu à la frontière égyptienne, à la rencontre des gazaouis victimes de ce double blocus. Cliquez ci-dessus pour écouter son reportage.

Rafah, à l'extrème sud de la bande de Gaza. Chaque jour, 5000 personnes attendent de pouvoir passer en Égypte, des étudiants, des malades, des palestiniens de l'étranger. La grande grille du terminal est cadenassée depuis des mois. C'était la seule porte de sortie vers l'extérieur.

Fermeture du terminal de Rafah en août dernier © Euronews

A quelques centaines de mètres, les tunnels de gaza ne sont plus qu'un amas de gravier. Dernière bouffée d'air frais des gazaouis, ils laissaient passer des produits de contrebande : de la nourriture, des médicaments, de l'essence, mais aussi des armes.

Les Égyptiens les ont dynamité pour punir le Hamas, au pouvoir à Gaza, d'avoir soutenu les Frères Musulmans.

Un tunnel entre Gaza et l’Égypte / DR

Sur les 1200 tunnels, seuls un dizaine fonctionnent encore. De nombreux habitants de la région qui travaillaient dans ces tunnels sont désormais au chômage. Il n'ont pas d'autre choix que de les prolonger, même s'ils s'exposent à 6 mois de prison en cas d'arrestation par les autorités égyptiennes.

File d'attente devant une station service en 2012 © Activestills.org

En attendant de creuser de nouveaux tunnels, quelques rares citernes de carburant égyptien parviennent à passer. Quand la nouvelle se répand, les stations services sont prises d'assaut. Mais seuls les taxis munis d'un bon du Hamas ont le droit de faire le plein.

La pénurie d'essence provoque aussi de longues coupures d'électricité, jusqu'à 12h par jour. Et 600 000 personnes pourraient bientôt manquer d'eau potable.

Reportage signé Sébastien Laugénie, correspondant du Mouv' à Jérusalem.

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