Faut-il se réjouir du retour des grosses fesses ?

Rien à voir Vendredi 25 juillet 2014

Réécoute
Faut-il se réjouir du retour des grosses fesses ?
Kim Kardashian en a fait son fond de commerce, Rihanna l'exhibe à chaque occasion : les grosses fesses opèrent un retour en force. Faut-il y voir une réponse bien venue à la tyrannie de la maigreur ? Ou une nouvelle instrumentalisation du corps féminin ? Rien à voir se penche sur la question.

Reconnaissons au moins à Kim Kardashian un mérite : elle a bien compris que dans la vie, elle avait intérêt à tout miser sur son postérieur.

Du coup, en bonne professionnelle, elle l'a fait assurer pour la modique somme de 21 millions de dollars. Dans le sillage de ce golden postérieur, une nouvelle mode s'est répandue sur les réseaux sociaux, que l'on appelle le belfie.

Question : faut-il se réjouir de voir s'étaler sur la toile et dans les pages des magazines un autre corps que celui auquel on était habitué jusqu'à maintenant ? A savoir celui de l'anorexique à peine pubère tenant debout par l'opération du Saint-Esprit.

Les pages du magazine Marianne consacrent cette semaine un dossier aux fesses plantureuses. Le sociologue Jean-Claude Kaufmann y explique justement qu'il voit dans cette tendance une réponse à l'ultra-maigreur. Une réponse militante.

Une revendication ?

Tout comme le twerk. Cette danse qui consiste à agiter son arrière-train de manière frénétique serait en réalité une revendication politique. On y aurait pas pensé...

Mais si ! Parce que le fait de secouer cette zone libère des chakras, et surtout libère les femmes du joug patriarcal qui les a forcées à cacher cette partie de leur anatomie pendant des siècles. Pourquoi pas.

Donc l'exhibition du cul serait une démonstration de l'émancipation de la femme, émancipation des canons traditionnels de la beauté et émancipation de l’oppression masculine. Ca c'est donc la manière optimiste de considérer le phénomène.

Mais le même sociologue Jean-Claude Kaufmann, toujours dans les pages de Marianne, nous dit aussi que cette passion pour les formes callipyges peut également se lire comme un retour à des valeurs traditionnelles.

En ces temps troublés de confusion des genres, quoi de plus rassurant qu'une bonne paire de hanches, qui peut accueillir des grossesses en veux-tu en voilà, un truc dans lequel on va pouvoir se nicher bien au chaud.

Tant qu'on continuera à limiter les femmes à une particularité physique, que ce soit leur minceur filiforme, leurs gros seins ou leurs gros cul, on n'aura pas encore de raison de se réjouir.

 


 

 Retrouvez Elodie Emery sur Twitter

> Retrouvez toutes les chroniques

> Abonnez-vous au podcast, RSS et iTunes

Commentaires