Expendables 3, le label PG 13 et la censure américaine

Les grossiers de l'écran (2013-2014) Mardi 08 juillet 2014

Réécoute
Dernières diffusions
Expendables 3, le label PG 13 et la censure américaine
Le troisième volet des aventures des Expendables, qui sortira en salles le 20 août, sera délibérément moins violent que ses deux prédécesseurs afin de décrocher le label PG 13 aux Etats-Unis, qui lui a été accordé. Comment fonctionne le système ?

 

Barney Ross (Sylvester Stallone) et ses mercenaires vieillissants sont de retour dans Expendables 3 de Patrick Hughes.

Depuis le dernier festival de Cannes, où toute l'équipe du film a fait le déplacement pour en faire la promotion, Stallone (créateur de la franchise et scénariste sur chaque opus) a un peu refroidi les ardeurs des fans en affirmant que ce nouvel avatar serait davantage tout public que ses prédécesseurs. Dommage, la bande annonce a l'air pourtant plus que sympathique :

 

On le voit, en plus des fidèles Jason Statham, Jet Li, Dolph Lundgren ou Arnold Schwarzenegger, Stallone a recruté cette fois Wesley Snipes, Antonio Banderas, Harrison Ford et même le pestiféré Mel Gibson, qui ne tourne plus guère à Hollywood depuis ses débordements alcoolisés à base d'insultes homophobes et antisémites.

Des dollars pour de l'auto censure

Cette suite promet du divertissement bourrin et décontracté dans la norme mais cette fois, Stallone et le studio Lionsgate ont décidé de ratisser plus large en concoctant un film a priori moins sanglant que les volets 1 et 2, afin de décrocher une classification PG 13 : soit interdit aux moins de treize ans non accompagnés d'un adulte. Expendables 1 et 2 étaient, eux, classés R, soit interdits aux moins de 17 ans non accompagnés...

Il s'agit d'un choix dicté bien évidemment par le business et, à Hollywood, de plus en plus de films d'action pure et dure visant à la base les jeunes adultes mâles s'obstinent à s'auto censurer pour aussi pouvoir toucher un public plus jeune et rapporter plus de dollars.

Tandis qu'en France, c'est un organisme d'état (le CNC) qui gère la classification des films, aux Etats-Unis ce sont les grands studios eux mêmes, regroupés au sein de la MPAA (Motion Picture Association of America), qui confient à un collège de votants cette classification. Il existe aujourd'hui cinq labels délivrés par cette administration (G, PG PG-13, R et NC-17), qui n'ont pas force de loi mais que les studios appliquent à la lettre pour s'assurer une exploitation en salles (les exploitants refusent généralement les films qui n'ont pas reçu de visa de la MPAA).

Ce système fait l'objet de critiques régulières, notamment concernant un traitement à double vitesse et bien plus permissif vis à vis de la violence que du sexe et des mots à connotation sexuelle. En 2006, un documentaire américain intitulé This Films is Not rated yet a fait scandale en dévoilant les dessous du système et en brisant notamment l'anonymat de certains des membres du fameux comité de classification.

 

Le jurisprudence Spielberg

A l'automne dernier, un couac au sujet de la classification du film Philomena de Stephen Frears a cristallisé les absurdités des critères retenus pour ranger un film dans les label PG 13 ou R. Pour info la catégorie PG 13 a été créée en 1984, sur proposition de Steven Spielberg à la MPAA. Jusqu'alors, il n'existait pas de catégorie intermédiaires entre le label "PG" (quasiment tout public avec quelques réserves) et "R" (interdit aux moins de 17 ans non accompagnés). Lorsqu' Indiana Jones et le temple maudit est sorti, le film fut classé PG comme les Star Wars, mais beaucoup de parents horrifiés se sont plaints de la scène du coeur arraché, bien trop gore à leur goût pour un film vu par les enfants. 

 

Spielberg, également critiqué pour avoir produit un Gremlins classé PG et jugé lui aussi trop violent pour ce label, a donc proposé à la MPAA la création d'un label intermédiaire entre PG et R : le PG- 13.


Le premier film sorti aux Etats-Unis affublé de ce label fut L'Aube Rouge, de John Milius.





Abonnez-vous au podcast : RSS & iTunes

 

Commentaires