ex-otages: suffit-il de voir pour comprendre?

Façon de penser Mercredi 23 avril 2014

Réécoute
ex-otages: suffit-il de voir pour comprendre?
Après chaque libération d'otages, on a droit au même "rituel" médiatique. Alors, à quoi servent ces retransmissions qui nous font vivre les événements "en direct"? à informer ou à émouvoir?

 

Dimanche 20 avril, libération de ceux qu'on s'empresse d'appeler les "ex-otages" avec le même rituel que d'habitude: d’abord, le témoignage des familles qu’on va tirer du lit pour savoir si elles sont heureuses, et puis, l’attente des caméras sur l’éternel « tarmac » de Villacoublay ; et enfin, la fameuse descente d’avion, avec l'accueil du Président de la République. Après, vient le temps des analyses et des questions, toujours les mêmes : y a-t-il eu une rançon ? Et le défilé des experts psychiatres sur les plateaux télé, pour nous expliquer comment qu’ils vont avoir du mal à s’en remettre.

 

Manifestement, le but n'est pas de donner des informations, mais de créer de l'émotion, en permettant au téléspectateur de vivre les événements "à chaud", "en direct", minute par minute. Ce qu'on appelle désormais  "l'infotainment", que décrivait déjà Ignacio Ramonet en 1999, dans La tyrannie de la communication:

L'objectif prioritaire , pour le téléspectateur, sa satisfaction, n'ets plus de comprendre la portée d'un événement, mais tout simplement de le regarder se produire sous ses yeux. 


ça rappelle assez ce que disait déjà Platon dans le Gorgias, alors même que les chaînes d'info en continu n'existaient pas:
Ainsi l'on peut chercher à complaire à une fule d'âmes à la fois, sans s'inquiéter de leur véritables intérêt

Alors, peut-on réduire la vérité à l'image? Et l'information à de l'émotion?
Réponses, dans la chronique façon de penser de Gilles Vervisch. 

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