Etudiants et entrepreneurs, l'équation impossible ?

le Reportage de la Rédaction Lundi 22 septembre 2014

Réécoute
Dernières diffusions
Etudiants et entrepreneurs, l'équation impossible ?
Les Etats-Unis ont leur Bill Gates, Steve Jobs, Mark Zukerberg… Ils ont bâti des empires sur les bancs de leurs universités ou au fond de leur garage. En France, ce n’est pas l’envie d’entreprendre qui fait défaut chez les jeunes : sur presque deux millions et demie d’étudiants, ils sont quasiment un quart à vouloir créer leur entreprise et pourtant, ils ne sont que dix mille à se lancer dans l’aventure chaque année...

Banques frileuses, paperasses décourageantes, cotisations trop lourdes, emplois du temps trop rigides : la France n’est pas à proprement parler un Eldorado pour créer son entreprise pendant ses études. Il s’en trouve tout même quelques uns pour oser l’aventure et sauter dans le grand bain de l’entreprise. Certains dans le cadre de programmes dédiés lors de leurs cursus, par exemple en grandes école. D’autres se lancent en parallèle, comme une deuxième vie après les cours.

Débuts difficiles

Parmi eux, Martin, 26 ans. Il y a deux ans, il a monté sa propre affaire avec un de ses copains de promo. Leur entreprise fabrique des protège-oreilles qui se clipsent pour les sports d’hiver. En deux ans, leur chiffre d’affaire a doublé, mais les débuts ont été difficiles : les banques ne veulent pas les suivre et les formalités administratives les occupent à plein temps, avec, en fond, le sentiment que rien n’est vraiment fait pour les encourager.

 

Pour recréer la confiance et relancer les envies, le gouvernement a mis en place pour la rentrée 2014 un statut d’étudiant entrepreneur, un statut alternatif au statut d’étudiant qui devrait permettre par exemple aux porteurs de projets des facilités d’agenda pour les cours, ou encore profiter d’un contrôle final et non d’un contrôle continu, choisir leurs horaires de td, s’épargner un stage inutile pour se consacrer à leur projet d’entreprise…

Un peu de souplesse

En fait, c’est un peu plus de souplesse dans leur vie d’étudiant : les heureux élus seront accompagnés par un professeur et un entrepreneur et pourront profiter d’espace de coworking si par exemple ils n’ont pas de locaux. En outre, ils pourront conserver, pendant trois ans, leurs avantages sociaux d’étudiant, le tout avec un diplôme assorti d’ECTS à la clef.

Ca n’est qu’un premier pas : du coté des cotisations, rien ne change. Les étudiants entrepreneurs devront ainsi toujours cotiser à la fois à la sécurité sociale étudiante et à l’Urssaf. C’est sans compter la maigreur de l’enveloppe attribuée au dispositif : seulement 4,6 millions d’euros, soit à peine quelques euros par étudiant.

Reportage et édition par Ludovic Pauchant.


 

Les choix actu du Mouv', c'est tous les jours dans le Reportage de la Rédaction

Et abonnez-vous au podcast RSS et iTunes

Commentaires