Êtes-vous sur le point de faire un burn-out ?

Prêt-à-l'emploi Mercredi 26 mars 2014

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Etes-vous sur le point de faire un burn-out ?
Chaque semaine, “Prêt-à-l’emploi” vous donne de bons conseils pour survivre dans le monde du travail.

Il y a quelques mois, Régis a fait un “burn-out”. Il vit en Savoie, travaille dans une mutuelle, et a dû gérer de plus en plus de tâches, sans y avoir été préparé par sa hiérarchie. Sans l’avoir accepté non plus. A plusieurs reprises, il a dit qu’il n’en pouvait plus. Et puis un jour, arrivé au travail, il démarre son ordinateur… et s’effondre en larmes.

https://soundcloud.com/elodie-vialle/burn-out-temoignage

 

“La personne qui est dans le burn-out n’est pas lucide sur ce qui lui arrive, commente Claire Douce, médecin du travail. Le burn-out, c’est une brûlure interne. La coquille reste intacte, mais à l’intérieur, on part en vrille, c’est la spirale. Et plus les gens sont dépassés, plus ils continuent à travailler dur.” Ce n’est pas une dépression : “la personne qui fait un burn-out peut se sentir très bien dans sa vie affective et personnelle.”

Régis, lui, a été ensuite pendant 7 mois en arrêt maladie. Une longue traversée, souvent incomprise. “Certains collègues m’ont dit que j’avais en fait besoin de vacances. D’autres, qu’ils avaient eux-aussi fait des burn-out, genre 3, ou 4.” Pendant cette période, sa vie perso en prend un coup, et il se sépare de son copain, avec qui il était depuis 7 ans.

“Avec la crise, les gens restent dans un travail qui les détruit”


Burn-out. Depuis quelques années, on en parle de plus en plus, comme si la souffrance au travail avait quelque chose de nouveau. Certes, “certains médecins ne veulent pas prendre de risques, et diagnostiquent parfois des burn-out lorsqu’il n’y en a pas, glisse le docteur Claire Douce. Certains patients sont aussi des coquins, et invoquent ça un peu rapidement.”

Pourtant, le burn-out n’en demeure pas moins un phénomène de société, précise-t-elle. De son côté, l’avocate Karima Saïd, interviewée pour une autre chronique, estime qu’elle est de plus en plus confrontée à ce type de cas depuis quelques années :

Avec la crise, les gens se disent qu’ils n’ont plus le choix. Ils restent dans un travail qui les détruit. Et ça peut aller jusqu’au suicide.


 

En France, plus de 3 millions de salariés seraient au bord du burn-out, selon une étude du cabinet Technologia.

 

Angoisse, irritabilité, insomnie : détectez les signes avant-coureurs


Pression, raccourcissement des délais, manque de reconnaissance… “La relation au travail change, les nouvelles technologies constituent par ailleurs une intrusion permanente dans la vie privée, les gens ne font plus la différence entre la vie professionnelle et la sphère privée, et c’est un des facteurs de rupture”, commente Patrick Mesters, directeur de l’Institut européen pour l’intervention et la recherche sur le burn-out. Il distingue trois signes avant-coureurs :

  1. L’épuisement physique. “Il est important, violent, et peut entraîner des troubles de mémoire, de la concentration, une indécision, des douleurs pour lesquelles on n’a pas de diagnostic.”
  2. Une déshumanisation. “Irritabilité, sensibilité émotionnelle importante, agressivité dans les contacts avec les clients, les collègues.”
  3. Une perte de satisfaction personnelle. “Certains se demandent même s’ils méritent leur salaire. J’ai vu des cas où les gens démissionnent spontanément alors qu’ils adorent leur métier”, commente Patrick Mesters.

 

Sans oublier l’hypertension, les problèmes cardiaques ou liés à la chute du système immunitaire.


>>> Faites le test pour savoir si vous êtes en état de burn-out <<<

 

Pour ce chercheur, les trentenaires hyperconnectés constituent une population à risque et doivent apprendre à se méfier… de leurs propres objectifs, parfois irréalisables :

https://soundcloud.com/elodie-vialle/patrick-mesters-burn-out



Comment sortir, alors  d’un burn-out ?
Il faut d’abord l’accepter… ce qui est loin d’être évident pour la plupart des personnes.

Demander de l’aide à un psy

 

  • Il faut surtout demander de l’aide à un professionnel, psychologue, médecin, coach spécialisé, “pas un coach sur la performance, insiste Patrick Mesters, mais un coach qui va aider la personne à faire le distingo entre vie professionnelle et vie privée, et à se reconstruire.”
  • Savoir déconnecter (un peu) ! Il n’est pas nécessaire, par exemple, de consulter vos mails juste avant de vous coucher (ou toutes les 5 minutes),  et ce même si votre employeur vous a donné un smartphone.
  • Enfin, préservez une séparation entre votre vie professionnelle et votre vie privée. Profitez de la vie, éclatez-vous ! Le travail, aussi épanouissant soit-il, n’en est qu’une partie.

 

 


 

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