Etes-vous fait pour le télétravail ?

Prêt-à-l'emploi Vendredi 25 avril 2014

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Etes-vous fait pour le télétravail ?
Chaque semaine, "Prêt-à-l’emploi" vous donne quelques conseils pour survivre dans la jungle du monde du travail.

 

Se lever à 9h, ne pas être obligé de s’habiller, de supporter des collègues qu’on n’adore pas forcément, aller faire ses courses à 11h quand il n’y a personne au supermarché… A première vue, bosser de chez soi est un bon plan.

Actuellement, en France, le travail à distance reste peu répandu et concerne surtout les cadres. Souvent, il s’agit plutôt de travailler une à deux journées par semaine chez soi.

Tous les métiers ne permettent évidemment pas de travailler à distance. Les entreprises ne perçoivent pas toujours leur intérêt immédiat, et n’encouragent donc pas cette pratique, malgré un accord en 2005 et une loi en 2012.

Selon cette loi :

- le télétravail fait l'objet d'un double volontariat du salarié et de l’entreprise (on ne peut pas vous l'imposer)
- il faut un contrat précis (horaires, tâches, plage de disponibilité)
- l’entreprise doit vous verser des frais supplémentaires (pour votre connexion web, le chauffage)
- une clause de reversabilité (on peut revenir dessus) doit être envisagée

Alors, dans quelles conditions faut-il demander le téléravail ?

L'analyse Yves Lasfargue, directeur de l'Observatoire du télétravail.

https://soundcloud.com/elodie-vialle/etes-vous-fait-pour-le-teletravail

 

> Vous êtes fait pour le télétravail si :

  • Des accords existent dans votre entreprise, d’autres collègues le pratiquent. Et ça fonctionne.
  • Vous aimez votre travail.
  • Vous demandez à travailler à distance pour de bonnes raisons. Par exemple, vos temps de transport sont trops longs. Les travailleurs qui habitent dans la grande couronne de l’Ile-de-France effectuent en moyenne 2h20 de déplacements par jour !
  • Vous êtes plutôt autonome (et donc, une fois chez vous, vos chaussons Hello Kitty aux pieds, vous ne serez pas tentés de surfer sur Facebook -ou pire- d’aller vous recoucher).

 

Clairement, travailler de chez soi, c'est pratique, explique Marie, une mère de famille de 30 ans, correctrice pour une maison d’édition. “C’est bête, mais je gère mon temps comme je veux. Je peux étendre une lessive dans la journée, rester avec mon gamin s’il est malade.”

Mais il n’y a pas que des avantages !

Travailler à distance implique de ne pas être en lien étroit avec vos collègues, et donc d'être plus exclu de la vie de l'entreprise. “C’est moins facile de revendiquer des choses”, concède Marie.

> Vous n’êtes pas fait pour le télétravail si :

  • Vous avez du mal à vous organiser.
Faire des pauses, oui. Mais pas trop...

  • Vous n’avez pas amenagé un espace de travail adéquat.
  • Votre moitié / votre famille n’a pas compris que bosser à la maison ne signifie pas que vous glandez.
  • En fait, vous ne supportez plus 1. votre travail 2. votre chef 3. vos collègues. Soyons clairs : travailler à distance n'arrangera rien.
  • Certains estiment que le télétravail nuit à la créativité. En 2013, ce fut un des arguments évoqués par Marissa Mayer, lorsqu’elle a pris la direction de Yahoo, pour mettre un terme au télétravail. Certains salariés n’étaient plus jugés suffisamment productifs.

 

Et demain ? Vers un travail plus mobile

Le télétravail n’est pas forcément LE travail de demain, mais il constitue l’une des formes de travail qui tend à se développer malgré tout.

Le prospectiviste Jérémy Rifkin nous le disait à la fin du siècle dernier dans son ouvrage La fin du travail et aujourd’hui dans son nouveau livre (bientôt traduit en français), The zero social marginal cost society: le travail sous sa forme actuelle va être amené à disparaître !

Le sociologue Bruno Marzloff, auteur de Sans bureau fixe, analyse :

Qu’on le veuille ou non, aujourd’hui, nous fonctionnons de moins en moins sur des espaces fixes, nous sommes amenés à travailler de manière plus mobile et agile; dans le métro, sur le quai d’une gare, et chez nous donc, à notre bureau.


 

Pour le moment, le télétravail fait souvent l’objet d’un accord informel entre le chef de service et le salarié par exemple. Evitez cependant ce type d’arrangements, et préférez les choses écrites : la flexibité d’aujourd’hui est parfois le litige de demain.



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